Le gouvernement a annoncé avoir résolu le retard qui entravait le versement des aides financières dans le cadre du programme de soutien au logement, après que le ministère eut alloué une enveloppe budgétaire de près de 300 millions de dirhams. Cette somme vise à régler la plupart des dossiers restés en suspens.
Lors d’une conférence de presse qui a suivi la réunion du Conseil des ministres, le jeudi 5 novembre 2026, Samir Belafkih, ministre de l’Aménagement du territoire, de la Construction, du Logement et de la Politique urbaine, a expliqué que ce retard était principalement dû à des contraintes techniques et administratives.
Le porte-parole officiel du gouvernement a ajouté que le ministère avait réussi à surmonter le problème technique qui entravait le versement des aides. Cela a nécessité la publication de textes réglementaires conférant aux ministres le pouvoir de signature, ce qui a permis de débloquer les crédits financiers et de clôturer la plupart des dossiers des bénéficiaires en attente.
Objectif : atteindre 300 000 bénéficiaires d’ici fin 2028
M. Belkheir a confirmé la poursuite du programme royal de soutien au logement, qui offre des aides directes de deux montants : 70 000 dirhams et 100 000 dirhams, en fonction de la nature du logement et des conditions d’éligibilité. L’objectif est d’atteindre environ 300 000 bénéficiaires d’ici fin 2028, tout en augmentant le nombre de familles pouvant acquérir une résidence principale et en rendant l’accession à la propriété moins coûteuse pour les catégories ciblées.
Le ministre a indiqué que son ministère procédait à un bilan complet de la première phase, afin de faire le point sur les résultats enregistrés et les contraintes apparues lors de la mise en œuvre, et de déterminer les améliorations à apporter lors des phases suivantes. Cette évaluation revêt une importance particulière en raison des défis administratifs et techniques ; par ailleurs, le rattrapage des retards de versement constitue une avancée vers l’amélioration de la mise en œuvre du programme, tandis que le règlement des dossiers en suspens permet d’accélérer l’accès des citoyens aux aides.
Une orientation vers la réglementation de la reconstruction dans les villages d’ici 2027
Par ailleurs, M. Belkheir a annoncé une nouvelle orientation visant à traiter les problèmes de reconstruction dans le monde rural, en mobilisant les services du ministère pour élaborer une loi spécifique à ces zones d’ici 2027. Cette initiative répond aux spécificités du milieu rural et aux défis urbanistiques qu’il pose, liés aux processus de construction et de réhabilitation ainsi qu’à la difficulté d’appliquer certaines règles en vigueur, tout en élaborant un cadre juridique tenant compte des particularités des agglomérations résidentielles et des douars.
Le responsable gouvernemental a également dévoilé un programme ciblant environ 100 000 logements ruraux, qui accorde une aide financière de 40 000 dirhams et comprend, outre le financement, des études et un accompagnement technique. Ce programme vise à améliorer les conditions de logement dans les villages et les centres en plein essor, et à aider les familles à construire des logements répondant aux normes de sécurité et de qualité, tout en faisant de l’encadrement technique un pilier essentiel de sa mise en œuvre.
L’adoption de la loi sur l’urbanisme rural vise à faciliter les procédures de construction et à établir des règles adaptées aux besoins des habitants et à la nature des zones rurales. Le défi consiste toujours à concilier la simplification des procédures et le respect des normes de sécurité.
Projets d’aménagement et de relogement dans les régions du Sud
M. Belkfi a évoqué sa première visite sur le terrain depuis sa prise de fonction, qui l’a conduit dans les villes de Smara, Laâyoune et Tarfaya, afin de suivre l’avancement des projets relevant de la politique de la ville et d’évaluer le niveau de coordination avec les partenaires locaux.
À Laâyoune, il a évoqué le projet d’aménagement prévu pour 2024, d’un coût total avoisinant les 680 millions de dirhams, auquel le ministère contribuera à hauteur de 300 millions de dirhams, dans le cadre du développement du tissu urbain et de l’amélioration des conditions de vie.
À Smara, les projets portent notamment sur le relogement des habitants des camps de Rabib et de Kweiz, dans le but d’améliorer les conditions de logement des familles concernées et de remédier aux problèmes de logement dans la ville. Quant à Tarfaya, elle bénéficie de projets de relogement des pêcheurs sur une longueur de 13 kilomètres, dans le but de mettre fin aux conditions de logement insalubres dans lesquelles vivent les personnes concernées. Ces projets soulignent le lien entre la politique urbaine, la lutte contre la précarité du logement et l’amélioration des conditions de vie.
M. Belkfi a souligné que les chantiers de logement et la politique urbaine font partie des priorités du gouvernement et sont directement liés à l’amélioration des conditions de vie des citoyens et à la réduction des disparités entre les territoires. L’approche annoncée comprend le soutien à l’accession à la propriété, la promotion du développement rural, ainsi que le suivi des chantiers d’aménagement et de relogement.
