Le 2 septembre, Madrid et plus de 200 villes et villages espagnols ont été le théâtre de manifestations de grande ampleur auxquelles ont participé des dizaines de milliers de personnes, parallèlement à la célébration annuelle de la Journée de l'autonomie de Ceuta.
Dans la capitale, Madrid, trois rassemblements simultanés ont été organisés en raison du nombre important de participants, une seule place ne pouvant les accueillir tous ; le nombre de manifestants y a été estimé à environ 50 000 personnes.
Les participants ont brandi des drapeaux espagnols et des banderoles en faveur de Ceuta, tandis que plus de 25 000 personnes sont descendues dans les rues de la ville en scandant des slogans tels que : « Ceuta n’est pas à vendre, il faut la défendre ».
Plusieurs dirigeants de l’opposition ont pris part aux manifestations de Madrid, notamment des représentants du Parti populaire (conservateur) et du parti d’extrême droite Vox. Ils ont vivement critiqué le gouvernement du Premier ministre Pedro Sánchez, et certains manifestants ont exigé sa démission ainsi que le renvoi des migrants au Maroc.
Le chef du Parti populaire, Alberto Núñez Feijóo, a accusé le gouvernement de ne pas agir suffisamment, estimant que les événements de Ceuta reflétaient un échec dans la gestion de la crise.
Le maire de Madrid, José Luis Martínez Almeda, a quant à lui lu une déclaration dans laquelle il a insisté sur la nécessité de défendre l’intégrité territoriale de l’Espagne, soulignant que toute menace pesant sur les frontières exigeait la solidarité de toutes les régions du pays.
Certaines manifestations ont donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre, notamment près du bâtiment du Parlement à Madrid, où la police a utilisé des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser les manifestants, tandis que certains d’entre eux lançaient des chaises et des bouteilles.
De son côté, le Premier ministre Pedro Sánchez a affirmé, dans un discours filmé, que le gouvernement mobilisait toutes les ressources disponibles pour rétablir la situation à Ceuta, imputant aux réseaux de trafic la responsabilité d’encourager les passages illégaux de la frontière.
De son côté, le ministre de la Politique régionale, Ángel Víctor Torres, a estimé que les manifestations n’exprimaient pas seulement un soutien à Ceuta, mais revêtaient également un caractère politique dirigé contre le gouvernement central.
La crise est d’autant plus sensible que Sebta compte une population limitée, avec environ 83 000 habitants, ce qui fait que l’afflux d’un grand nombre de migrants exerce une pression directe sur les services et les ressources locales.
