Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a annoncé que son pays s'apprêtait à durcir les sanctions à l'encontre des personnes impliquées dans des incendies de forêt, en prévoyant la peine de mort dans le cadre de modifications à venir du Code pénal, et ce, à la suite d’une vague d’incendies qui a coûté la vie à au moins 12 personnes.
Selon l’agence « Bloomberg », Tebboune a déclaré dimanche 30 août que les modifications législatives seraient présentées dans les prochains jours, précisant que « plusieurs personnes » soupçonnées d’être impliquées dans le déclenchement des incendies avaient été arrêtées.
Les incendies se sont déclarés en milieu de semaine dernière dans plusieurs régions de l’est du pays, notamment à Jijel, Bejaïa et Tizi Ouzou, des wilayas qui abritent de vastes étendues forestières.
Les vents violents ont contribué à la propagation rapide des flammes, contraignant un certain nombre d'habitants à quitter leurs foyers, tandis que les autorités ont décrété trois jours de deuil national en hommage aux victimes des incendies.
L’agence « Reuters » a rapporté les propos du ministre algérien de l’Intérieur, Saïd Saïoud, selon lesquels 54 personnes ont été brûlées, dont six se trouvaient dans un état critique et ont été placées en soins intensifs.
Mercredi 26 août, les services de la protection civile algériens ont recensé un total de 154 feux de forêt dans différentes régions du pays, ce qui témoigne de l’ampleur de la vague d’incendies qui a frappé l’Algérie ces derniers temps.
L’Algérie a déjà connu des feux de forêt dévastateurs ces dernières années : ceux de 2023 ont coûté la vie à plus de 30 personnes, tandis que près de 90 personnes ont trouvé la mort dans les incendies de 2021.
À ces mêmes périodes, les autorités avaient également évoqué la possibilité que certains incendies soient d’origine criminelle, ce qui avait relancé le débat sur le durcissement des peines liées aux crimes d’incendie volontaire.
Les tribunaux algériens prononcent des condamnations à mort pour un certain nombre de crimes graves, notamment le terrorisme, la trahison, l’espionnage et le meurtre avec circonstances aggravantes ; toutefois, l’exécution des condamnations à mort est suspendue dans le pays depuis 1993, selon les données de la Coalition mondiale contre la peine de mort.
