Le climat d'escalade militaire entre l'Iran et les États-Unis est revenu sur le devant de la scène mercredi, après le plus important échange de frappes entre les deux parties depuis juillet, alors que les répercussions de ce conflit se sont étendues à plusieurs pays de la région et aux marchés mondiaux de l'énergie.
L'armée américaine a annoncé avoir mené, mardi, des frappes visant des sites appartenant au Corps des gardiens de la révolution islamique, notamment des systèmes de défense aérienne, des radars, des installations navales, des moyens liés à la pose de mines et des sites de communication situés près de la côte sud de l'Iran.
De son côté, Téhéran a annoncé avoir mené des attaques contre ce qu’il a qualifié de cibles et d’actifs militaires américains à Bahreïn, en Jordanie, au Koweït et en Irak, affirmant que ses opérations s’inscrivaient dans le cadre d’une riposte aux frappes américaines.
L’armée jordanienne a déclaré que ses systèmes de défense aérienne avaient intercepté 13 missiles balistiques qui avaient pénétré dans l’espace aérien du royaume, réussissant à en intercepter 10, tandis que trois missiles sont tombés dans des zones éloignées des zones habitées. Selon des premières estimations, des responsables américains ont confirmé qu’aucun mort ni blessé n’était à déplorer parmi les forces américaines.
L’Iran a également annoncé avoir lancé une attaque à l’aide de missiles et de drones contre la base aérienne Ali Al-Salem au Koweït, tandis que les autorités koweïtiennes ont indiqué avoir maîtrisé un incendie qui s’était déclaré dans un complexe résidentiel de la capitale après qu’il eut été pris pour cible par un drone, sans qu’aucun blessé ne soit à déplorer.
À Bahreïn, les autorités ont annoncé avoir intercepté des drones iraniens, tandis que le Qatar a condamné les attaques iraniennes et tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences.
En Irak, le Corps des gardiens de la révolution islamique a déclaré que ses forces avaient pris pour cible des bases américaines à Erbil à l’aide de missiles et de drones, faisant état de morts parmi les Américains ; toutefois, cette version des faits n’a été confirmée ni par l’Irak ni par les États-Unis.
Les tensions se sont également intensifiées dans le détroit d’Ormuz, où l’Iran a déclaré que deux pétroliers avaient heurté des mines alors qu’ils traversaient le passage maritime, tandis que Washington a affirmé que les navires continuaient d’emprunter le détroit malgré les menaces.
La Compagnie nationale saoudienne de transport maritime a annoncé la mort de deux marins philippins lors d’un incident sécuritaire survenu à bord d’un de ses navires alors qu’il traversait le détroit d’Ormuz le 31 août.
En Iran, les autorités ont déclaré qu’au moins 12 personnes avaient été tuées lors des frappes américaines, dont cinq lors d’un mariage dans la ville de Sirik, tandis que les médias locaux ont fait état de 68 blessés lors de cet incident. Cette version n’a pas été vérifiée de manière indépendante, et les États-Unis n’ont pas fait de commentaire à ce sujet.
Ces développements militaires ont pesé sur les marchés : les cours du pétrole ont atteint leur plus haut niveau depuis juillet, tandis que les actions asiatiques et européennes reculaient, sur fond de craintes d’une perturbation accrue de l’approvisionnement énergétique.
Cette escalade intervient alors que le différend entre Washington et Téhéran persiste au sujet du détroit d’Ormuz, du programme nucléaire iranien et des sanctions, en l’absence de toute négociation directe entre les deux parties depuis l’effondrement du cessez-le-feu conclu en juin.
