Le président américain Donald Trump a annoncé le lancement d'une vaste campagne économique contre l'Iran, mettant en garde contre des « conséquences considérables » qui ne se limiteront pas à Téhéran, mais pourraient également toucher les pays et les entreprises qui continuent d'entretenir des relations commerciales et financières avec ce pays, selon l'agence « Reuters ».
Sur sa plateforme « Truth Social » que la période à venir serait marquée par « une guerre économique et une isolation d’une ampleur sans précédent », appelant à un durcissement des mesures contre la contrebande de pétrole iranien, les transferts financiers, les sociétés de change, les sociétés écrans et les mécanismes utilisés pour contourner les sanctions.
Cette initiative intervient à un moment où Washington semble plus enclin à accroître les pressions économiques sur Téhéran, en mettant l’accent sur la limitation de sa capacité à accéder aux financements et aux recettes étrangères.
Le ministre américain du Trésor, Scott Bessent, avait indiqué auparavant que l’administration se préparait à prendre de nouvelles mesures « comme l’Iran n’en a jamais connues auparavant », alors que des rumeurs faisaient état de la possibilité de cibler les acheteurs de pétrole iranien, des raffineries chinoises et des établissements bancaires liés à ces transactions.
La Chine reste au cœur de cette équation en tant que premier acheteur de pétrole iranien, ce qui signifie que toute tentative américaine visant à restreindre ce flux pourrait conduire à un élargissement du champ d’application des sanctions pour inclure des entreprises et des institutions financières chinoises.
Les États-Unis ont déjà imposé des sanctions à certaines raffineries chinoises indépendantes pour avoir acheté du pétrole iranien, tandis que Pékin a affirmé sa volonté de défendre ses entreprises face aux restrictions américaines.
Washington n’a pas encore dévoilé la liste complète des nouvelles mesures, mais la menace de Trump d’imposer des sanctions à tout pays aidant l’Iran à contourner son isolement économique accroît le niveau de risque pour les partenaires commerciaux de Téhéran.
Dans le même contexte, les Émirats arabes unis ont annoncé la suspension de leurs relations commerciales et financières avec l’Iran, selon les informations disponibles, ce qui pourrait compliquer davantage l’accès de Téhéran aux devises étrangères et aux circuits financiers internationaux.
Ces développements interviennent alors que les perturbations persistent dans le transport d’énergie via le détroit d’Ormuz, l’un des principaux couloirs pétroliers au monde, où le trafic des pétroliers a nettement diminué et où les prix ont augmenté au cours des dernières semaines.
Le Brent et le West Texas Intermediate ont clôturé le 18 août à leurs plus hauts niveaux depuis plus de trois semaines, le Brent dépassant les 91 dollars le baril.
Selon les observateurs, le durcissement des restrictions sur les exportations de pétrole iranien pourrait accroître la pression sur l’approvisionnement mondial, surtout si les difficultés de navigation dans le détroit d’Ormuz persistent.
M. Trump a également mis en garde les Américains contre une éventuelle poursuite de la hausse des prix du carburant, estimant qu’elle faisait partie du coût de la confrontation économique et politique avec l’Iran.
En revanche, la Russie pourrait profiter de la hausse des cours mondiaux du pétrole, celle-ci ayant un impact direct sur ses recettes pétrolières.
Les données indiquent également que la Chine a augmenté ses achats de pétrole russe parallèlement à la baisse des approvisionnements iraniens : en août, ses importations maritimes de brut russe ont atteint environ 1,25 million de barils par jour, soit l’un des niveaux les plus élevés enregistrés depuis le printemps.
