Les cours du pétrole ont poursuivi leur hausse mardi 2 septembre, portés par des craintes croissantes de perturbations éventuelles de l'approvisionnement, dans un contexte d'escalade des tensions et d'échanges de frappes entre les États-Unis et l'Iran.
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé d’environ 75 cents, soit 0,8 %, pour atteindre 95,40 dollars le baril à 03 h 45 GMT.
Les contrats à terme sur le brut américain West Texas Intermediate (WTI) ont quant à eux progressé de 44 cents, soit 0,5 %, pour s’établir à 90,66 dollars le baril.
Ces deux types de brut avaient enregistré, lors de la séance de mardi dernier, une hausse de plus de 4 dollars le baril, ce qui a constitué la plus forte progression journalière pour le Brent depuis le 24 juillet et pour le WTI depuis le 23 juillet.
Cette hausse fait suite à l’annonce par les États-Unis d’une série de frappes aériennes menées pendant la nuit contre des cibles en Iran, ce qui a entraîné une riposte de Téhéran et exacerbé les tensions dans la région.
Le Corps des gardiens de la révolution islamique a déclaré que les attaques américaines entraîneraient de nouvelles restrictions de la navigation dans le détroit d’Ormuz, l’un des principaux couloirs mondiaux de transport de pétrole.
Selon les analystes, la persistance des tensions accroît le risque d’interruption des flux de pétrole brut dans le détroit, même si certaines livraisons ont continué à transiter ces dernières semaines.
Dans le même contexte, le Corps des gardiens de la révolution a annoncé avoir mené des attaques à l’aide de missiles balistiques et de drones contre des sites militaires américains dans la région. De leur côté, les autorités jordaniennes ont déclaré que leurs défenses aériennes avaient intercepté 10 des 13 missiles balistiques qui avaient pénétré dans l'espace aérien du pays, tandis que des responsables américains ont indiqué qu'aucune perte confirmée n'avait été enregistrée à ce jour parmi les forces américaines.
Le Koweït a également annoncé que ses forces armées avaient riposté à des activités hostiles menées par des drones, signe supplémentaire de l’aggravation des tensions régionales.
Les inquiétudes se sont également accrues après des attaques visant deux pétroliers alors qu’ils quittaient le détroit d’Ormuz, ce qui a provoqué de nouvelles perturbations dans l’approvisionnement et poussé les opérateurs à rechercher des sources alternatives de pétrole brut.
Bryanka Sashdeva, responsable de l'analyse des marchés chez Phillip Nova, a déclaré que le marché pétrolier ne se contentait plus de tarifer les risques de guerre, mais prenait désormais également en compte le coût de la poursuite du conflit sans solution claire.
Elle a ajouté que la prime de risque sur le pétrole pourrait rester élevée jusqu’à ce que des signes concrets indiquent la possibilité d’un règlement durable et le rétablissement des flux normaux via le détroit d’Ormuz.
Aux États-Unis, des données préliminaires ont montré une baisse des stocks de pétrole brut d’environ 2,6 millions de barils au cours de la semaine s’achevant le 28 août, tandis que les stocks de produits de distillation ont diminué d’environ 265 000 barils.
