Le Maroc vise à doubler ses exportations dans le secteur de l’aéronautique pour atteindre 56 milliards de dirhams, soit environ 6 milliards de dollars, d’ici 2030, dans le cadre de sa transition de la fabrication de composants aéronautiques vers le développement de technologies plus avancées, notamment les moteurs d’avion et les systèmes de haute précision.
Hamid ben Ibrahim al-Andalusi, président de la région de « Midpark », a déclaré, lors d’un événement organisé par le Centre des politiques pour le Nouveau Sud, que l’industrie aéronautique marocaine avait connu une profonde transformation au cours des vingt-cinq dernières années.
Il a précisé : « Il y a vingt-cinq ans, le Maroc n’était même pas considéré comme une destination potentielle pour l’industrie aéronautique. Aujourd’hui, c’est devenu un pôle industriel qui compte 155 entreprises et offre plus de 27 000 emplois. »
Cette industrie a vu le jour au début du millénaire avec la production de systèmes électriques et de câbles pour avions, avant de s’étendre progressivement à la fabrication de haute précision, aux matériaux composites, à l’impression 3D, à l’électronique, aux systèmes d’atterrissage, à la recherche et au développement, ainsi qu’à la fabrication de moteurs d’avion.
M. Al-Andalusi a souligné que « la fabrication des moteurs d’avion est au cœur de la technologie aéronautique, puisqu’elle représente plus de 50 % de la technologie utilisée à bord d’un avion et constitue un pôle d’innovation pour l’avenir de ce secteur ».
Des exportations d’une valeur de 28 milliards de dirhams à l’heure actuelle
La valeur des exportations de l’industrie aéronautique marocaine s’élève actuellement à environ 28 milliards de dirhams, soit près de 3 milliards de dollars.
Le taux d’intégration locale dans ce secteur a par ailleurs atteint 40 %, ce qui signifie que 40 % de la valeur ajoutée des produits aéronautiques est générée au Maroc, contre moins de 10 % il y a deux décennies.
Le Maroc vise à maintenir une croissance annuelle d’environ 15 %, ce qui lui permettrait de porter ses exportations à 56 milliards de dirhams d’ici 2030, tout en augmentant le taux d’intégration locale à plus de 45 %.
M. Al-Andalusi a souligné que la proximité du Maroc avec l’Europe avait contribué à attirer de nouveaux investissements, notamment dans un contexte de perte de compétitivité de plusieurs sites industriels traditionnels au sein du continent européen.
Il a déclaré à ce sujet : « La compétitivité d’un certain nombre de sites industriels traditionnels en Europe a diminué, ce qui a permis au Royaume d’attirer de nouveaux investissements dans l’industrie aéronautique. »
Les compétences humaines à l’origine du succès du secteur
Le président de « Medpark » a souligné que la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée avait été l’un des principaux facteurs de réussite de l’industrie aéronautique au Maroc.
Il a déclaré : « Le développement des compétences humaines a été un facteur déterminant dans le succès du secteur, compte tenu des normes rigoureuses de qualité et de sécurité imposées par l’industrie aéronautique. Le Maroc a démontré sa capacité à respecter ses engagements et à fournir des compétences de niveau mondial. »
Le Maroc figure aujourd’hui parmi les principaux pôles de l’industrie aéronautique en Afrique, la zone industrielle « Medpark », située près de Casablanca, accueillant de grandes entreprises internationales, parmi lesquelles Boeing, Safran et Bombardier.
Le Royaume s’attache également à renforcer sa position dans le domaine de la fabrication et de la maintenance des moteurs : la société « Safran Aircraft Engines » gère en effet à Casablanca un centre de maintenance, de réparation et de remise à neuf dédié au moteur CFM56, qui compte parmi les moteurs d’avions commerciaux les plus vendus au monde.
Le Maroc fabrique également des composants pour le dernier modèle de moteur LEAP, qui nécessite des techniques de production de pointe et des normes de fabrication rigoureuses.
Le Maroc tire profit de l’expansion de l’industrie de proximité
Le secteur aérien marocain a tiré parti de la tendance croissante des entreprises européennes à délocaliser leur production vers des sites géographiquement proches, dans le cadre de ce que l’on appelle le « nearshoring », dans le but de raccourcir les chaînes d’approvisionnement et de les rendre plus flexibles et plus fiables.
La proximité de l’Europe, la baisse des coûts de production, la stabilité politique et les accords de libre-échange conclus avec l’Union européenne et les États-Unis ont contribué à renforcer l’attractivité du Maroc auprès des investisseurs internationaux.
L’Institut des métiers de l’aéronautique de Casablanca a également joué un rôle important pour accompagner la croissance du secteur, grâce à son partenariat avec le gouvernement et le Groupement des industries marocaines de l’aéronautique et de l’espace, afin de former la main-d’œuvre aux compétences techniques requises par les entreprises.
Parallèlement, le Maroc s’efforce d’étendre ses activités dans le domaine de l’industrie aéronautique de défense, notamment en matière d’assemblage et de maintenance de drones, ce qui renforce sa transition vers des industries plus avancées et à plus forte valeur ajoutée.
