Le lancement des négociations entre les États-Unis et l’Iran concernant un accord définitif qui déterminera l’avenir du programme nucléaire iranien a été reporté, alors qu’il devait initialement avoir lieu en Suisse le 19 juin, selon l’agence Bloomberg.
Le ministère suisse des Affaires étrangères a déclaré que les pourparlers avaient été « reportés », tout en affirmant que Berne restait disposée à les faciliter, tandis que les préparatifs se poursuivent à la station thermale de Burgenstock, qui devait accueillir la rencontre.
Ce report fait suite à l’annonce par Washington que le vice-président américain J. D. Vance, qui devait diriger la délégation américaine, ne se rendrait pas en Europe. De même, le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, qui devait représenter Téhéran, ne s’est pas rendu en Suisse.
Cette impasse est liée à la nouvelle escalade de la violence au Liban, où Israël a annoncé avoir mené des frappes contre des positions et des forces du « Hezbollah » dans le sud, tandis que l’Agence nationale d’information libanaise a fait état de 16 morts.
La scène libanaise est devenue le premier véritable test pour le protocole d’accord provisoire entre Washington et Téhéran, dont la première clause prévoit la cessation des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, ainsi que le respect de sa souveraineté et de son intégrité territoriale.
L’Iran insiste sur le fait que cela implique l’arrêt des frappes israéliennes et le retrait des forces du sud du Liban, tandis qu’Israël affirme qu’il ne se retirera pas tant qu’il n’aura pas obtenu la garantie que le « Hezbollah » ne constituera plus une menace pour ses régions du nord. Selon « Sky News », Israël examine avec l’administration de Donald Trump la possibilité de maintenir ses forces à environ 10 kilomètres à l’intérieur du Liban.
Un test difficile pour l’accord nucléaire provisoire
Bloomberg a également révélé une montée des tensions entre Washington et Tel-Aviv, Trump ayant reproché au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, lors d’un entretien entre les deux hommes, d’avoir failli faire échouer le protocole d’accord avec l’Iran en raison des frappes au Liban.
M. Vance a également précisé que Washington ne soutiendrait pas automatiquement la position israélienne si celle-ci allait à l’encontre des intérêts américains.
Cette situation rend l’avenir de l’accord provisoire encore plus précaire. En effet, si Washington ne parvient pas à garantir le respect des clauses de désescalade par ses alliés, Téhéran pourrait considérer que les États-Unis sont incapables de tenir leurs engagements, ce qui risquerait de compromettre le processus de négociation prévu pour une durée de 60 jours.
La prochaine étape consistera à examiner les restrictions relatives à l’enrichissement de l’uranium, le sort des stocks hautement enrichis et les garanties à long terme concernant le programme nucléaire iranien.
Selon CNN, Washington et Téhéran travaillent sur des propositions techniques confidentielles visant à mettre en œuvre les 14 points du protocole d’accord, mais ces documents ne constituent pas un accord définitif. Des sources de la chaîne confirment également que l’Iran n’a signé aucun document supplémentaire en dehors du protocole d’accord lui-même.
La Maison Blanche a déclaré à CNN qu’il n’y avait pour l’instant aucun autre accord définitif, précisant, par la voix de sa porte-parole Olivia Wells, que l’équipe de négociation américaine espérait parvenir à de nouveaux accords lors des prochaines discussions techniques.
La question du droit de l’Iran à enrichir de l’uranium reste l’un des dossiers les plus sensibles, d’autant plus que toute formule permettant à Téhéran de poursuivre ses activités d’enrichissement, même à un niveau limité, susciterait une vive controverse politique aux États-Unis.
Les risques liés à l’échec de l’accord ne se limitent pas au seul dossier nucléaire, mais s’étendent également à la désescalade au Liban, à la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz, au régime de sanctions contre l’Iran et à la stabilité des alliés de Washington dans la région, tels que les Émirats arabes unis et le Qatar.
De même, toute nouvelle escalade au Moyen-Orient pourrait avoir des répercussions sur l’Ukraine, car elle risquerait de détourner l’attention de Washington et de ses partenaires de la guerre contre la Russie et d’accroître les risques d’inflation mondiale.
