L'Arabie saoudite se retrouve confrontée à une situation complexe alors que le conflit entre les États-Unis et l'Iran s'étend, après avoir tenté, depuis le début de l'escalade, de maintenir une position équilibrée et d'éviter de s'impliquer directement dans le conflit.
Cependant, les récentes attaques ont poussé Riyad à revoir son approche, notamment après que le territoire du royaume a été menacé par des drones lancés depuis l’Irak par des groupes pro-iraniens, comme l’ont annoncé les autorités saoudiennes et américaines.
Cette semaine, l’Arabie saoudite et les États-Unis ont mené des frappes visant des groupes pro-Téhéran en Irak, une initiative qui traduit le passage de Riyad d’une politique de prudence à une riposte militaire limitée visant à protéger son territoire et à empêcher la répétition de ces attaques.
Cette évolution place le gouvernement saoudien devant deux choix difficiles : poursuivre les opérations militaires pour dissuader les forces hostiles, ou revenir à la voie diplomatique et œuvrer à la désescalade avant que la région ne sombre dans un conflit plus large.
Alliances opposées et menaces régionales croissantes
Le camp opposé aux États-Unis et à leurs alliés regroupe l’Iran, les Gardiens de la Révolution et le mouvement houthiste au Yémen, ainsi que des groupes armés pro-Téhéran en Irak et des alliés au Liban.
De l’autre côté se trouvent les États-Unis et les forces du Commandement central américain, aux côtés d’un certain nombre de pays du Golfe et de la Jordanie.
Les informations qui circulent indiquent que l’Iran a récemment intensifié ses attaques à la roquette et par drones contre la Jordanie, le Koweït et Bahreïn, parallèlement à la montée des inquiétudes concernant la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Ce détroit est l’une des voies maritimes les plus importantes au monde pour le transport du pétrole, ce qui fait de toute perturbation sécuritaire dans cette zone un facteur susceptible d’influencer les marchés de l’énergie et le commerce international.
Selon certains analystes, l’absence d’accord politique entre Washington et Téhéran pourrait conduire à une extension du conflit, avec la possibilité que d’autres pays de la région s’y impliquent, directement ou indirectement.
La « Vision 2030 » fait d’une guerre totale une option coûteuse
L’Arabie saoudite ne souhaite pas être entraînée dans une guerre de grande envergure, alors qu’elle se concentre sur la mise en œuvre du programme « Vision 2030 », qui vise à diversifier l’économie, à développer de nouveaux secteurs et à réduire la dépendance vis-à-vis des recettes pétrolières.
L’intensification du conflit pourrait menacer les investissements et les grands projets, alourdir les coûts liés à la sécurité et à la défense, et avoir des répercussions sur les transports, le tourisme et les chaînes d’approvisionnement dans la région.
C’est pourquoi Riyad tente de trouver un équilibre entre la protection de son territoire et la démonstration de sa capacité de riposte, d’une part, et le maintien d’une voie ouverte à l’apaisement et au dialogue diplomatique, d’autre part.
La position saoudienne restera liée à l’évolution et à l’intensité des attaques, ainsi qu’à la capacité des efforts politiques à empêcher que le conflit ne passe de frappes limitées à un affrontement régional ouvert.
