Le porte-parole militaire du groupe des Houthis au Yémen, allié de l’Iran, a annoncé l’imposition d’un blocus maritime à l’Arabie saoudite, une mesure susceptible d’exacerber les tensions dans la mer Rouge et de menacer la circulation maritime régionale.
Le porte-parole a précisé que cette décision entrait en vigueur dès la publication du communiqué, soulignant qu’elle intervenait en réponse à ce qu’il a qualifié de mesures saoudiennes à l’encontre du groupe.
Les Houthis ont accusé Riyad de leur imposer un « blocus injuste » depuis près de 12 ans, affirmant que le blocus maritime annoncé s’inscrit dans le cadre de leur riposte face à la persistance de cette situation.
Escalade après l’attaque de l’aéroport d’Abha
La semaine dernière, les Houthis avaient tiré des missiles en direction de l’aéroport d’Abha, dans le sud-ouest de l’Arabie saoudite, accusant le Royaume d’avoir bombardé l’aéroport de Sanaa, dans la capitale yéménite.
Selon la BBC, cette évolution a mis fin à une trêve qui avait duré près de quatre ans dans le conflit opposant l’Arabie saoudite aux Houthis.
Cette escalade intervient alors que l’on craint une reprise des affrontements directs, après une période d’accalmie relative entre les deux parties.
Le détroit de Bab al-Mandab au cœur des menaces
Téhéran avait auparavant appelé les Houthis à se préparer à l’éventualité d’une fermeture du détroit de Bab al-Mandab, dans la mer Rouge, au cas où les États-Unis lanceraient des frappes contre des installations énergétiques iraniennes.
Le détroit de Bab al-Mandab est l’un des principaux couloirs maritimes mondiaux, par lequel transitent d’importants volumes de pétrole, de gaz et de marchandises entre l’Asie et l’Europe.
Toute perturbation de la navigation dans ce détroit pourrait entraîner une hausse des coûts de transport et d’assurance, et contraindre les navires à emprunter des itinéraires plus longs autour du continent africain.
La situation deviendrait encore plus grave si la fermeture du détroit de Bab al-Mandab coïncidait avec des perturbations de la navigation dans le détroit d’Ormuz, ce qui pourrait porter un coup dur aux exportations d’énergie du Moyen-Orient et accentuer les pressions sur les marchés mondiaux.
Cette évolution pourrait également ouvrir un nouveau front dans le conflit entre l’Iran et les États-Unis, et transformer la mer Rouge et le golfe Persique en deux théâtres de conflit interdépendants.
