Des avocats, vêtus de leurs toges noires, ont organisé un rassemblement de protestation devant le siège du Parlement, dans le cadre de la première étape d’un programme de mobilisation annoncé par l’Association des ordres d’avocats du Maroc, à la suite de l’adoption du projet de loi par la Commission de la justice, de la législation et des droits de l’homme du Conseil des conseillers.
Les participants à ce rassemblement ont scandé des slogans rejetant ce texte, estimant qu’il portait atteinte à l’indépendance de la profession d’avocat et au rôle qu’elle joue au sein du système judiciaire. Cette initiative fait suite à une série d’actions de protestation menées par les avocats ces derniers jours, parmi lesquelles la suspension de certaines activités judiciaires et de l’aide juridictionnelle.
Le président de l’Association des barreaux du Maroc, El-Hussain Ziani, a souligné que cette mobilisation s’inscrit dans le cadre du programme de protestation adopté par l’Association à l’issue de l’examen du projet de loi au Conseil des conseillers. Il a estimé que les modifications apportées au cours de cette phase parlementaire avaient profondément bouleversé l’équilibre du texte.
M. Ziani a précisé que la version actuelle du projet porte atteinte à plusieurs principes fondamentaux de la profession, au premier rang desquels figurent l’indépendance, les garanties accordées aux avocats et le principe d’autogestion des organismes. Il a déclaré à ce sujet : « Le Maroc a besoin d’une profession d’avocat forte et indépendante », estimant que l’affaiblissement de cette indépendance pourrait avoir des répercussions négatives sur la capacité des avocats à exercer leurs fonctions avec impartialité et efficacité.
Le président de l’ordre a également critiqué ce qu’il a qualifié de différence de traitement entre les cabinets d’avocats étrangers, qui, selon lui, bénéficient d’une plus grande marge de manœuvre pour préserver leur indépendance, et les avocats marocains.
Les représentants de la profession ont souligné que ce rassemblement devant le Parlement n’était qu’une première étape d’un mouvement de protestation qui devrait se poursuivre si le projet de loi était adopté dans sa version actuelle. L’Association des barreaux du Maroc a souligné qu’elle continuerait à recourir aux formes de lutte qu’elle jugera appropriées, afin d’exiger le retrait ou la révision du texte.
Pour sa part, le bâtonnier du barreau de Rabat, Aziz Al-Rouibeh, a souligné le caractère « organisé et responsable » de ce rassemblement, estimant que cette initiative reflétait l’attachement des avocats au respect des institutions, tout en exprimant leur rejet d’un projet qu’ils jugent dépourvu de véritable vision réformatrice.
M. Al-Rouibeh estime que ce projet comporte des dispositions susceptibles d’affaiblir les institutions de la profession et les mécanismes de solidarité entre les avocats, alors qu’une partie d’entre eux est confrontée à des conditions sociales et économiques difficiles.
Après plus de deux ans de consultations sur la réforme de la profession d’avocat, les organismes professionnels réaffirment leur détermination à poursuivre leur mobilisation pour défendre, selon leurs représentants, l’indépendance de la profession et sa place au sein du système judiciaire.
