La campagne électorale pour les élections législatives prévues le 23 septembre 2026 débute ce jeudi dans tout le royaume, les partis politiques s'engageant dans une course qui se poursuivra jusqu'à minuit le 22 septembre afin de convaincre plus de 15,8 millions d'électeurs inscrits.
Vingt-sept partis politiques participent à ce scrutin, après le dépôt par voie électronique de 702 listes de candidats couvrant les différentes circonscriptions locales et régionales. Le processus électoral sera par ailleurs suivi par une mission d’observation composée de 3 006 observateurs et observatrices représentant des organismes nationaux et internationaux.
La composition de l'électorat révèle une disparité marquée entre les tranches d'âge, puis les électeurs âgés de 60 ans et plus représentent plus de 29 % des inscrits, contre 42 % pour la tranche d’âge comprise entre 35 et 54 ans. Quant aux jeunes âgés de 18 à 24 ans, leur proportion ne dépasse pas 4 %, ce qui fait de leur mobilisation l’un des principaux enjeux de la campagne.
Sur le plan géographique, 55 % des électeurs résident en milieu urbain contre 45 % en milieu rural, ce qui pousse les partis à diversifier leur discours et leurs programmes en fonction des enjeux propres à chaque région.
Le pouvoir d’achat, l’emploi, la santé, l’éducation, les retraites, les transports, l’accès à l’eau, le développement du monde rural et le soutien à l’agriculture figurent parmi les principaux dossiers sur lesquels les partis misent dans leurs programmes électoraux. De même, les questions relatives aux femmes, qui représentent 46 % des électeurs inscrits, occupent une place importante à travers les thèmes de la participation économique, de la protection sociale et de la représentation politique.
De nouvelles règles pour encadrer la campagne et l’espace numérique
La campagne se déroule dans un cadre juridique actualisé, suite aux modifications apportées à la loi organique relative à l’Assemblée des représentants du peuple, dans le but de renforcer l’intégrité du scrutin, l’égalité des chances entre les candidats et de garantir la liberté de choix des électeurs.
Les rassemblements électoraux restent soumis aux règles régissant les rassemblements publics, tandis que l’organisation de défilés et de cortèges ou l’utilisation de haut-parleurs nécessite une notification écrite adressée aux autorités administratives locales au moins 24 heures à l’avance.
Il est également interdit de faire de la propagande électorale dans les lieux de culte, les établissements d’enseignement et de formation professionnelle, ainsi que dans les administrations publiques.
La réglementation s’étend également à l’espace numérique, avec la mise en place de contrôles concernant l’utilisation des réseaux sociaux, des plateformes en ligne et des outils d’intelligence artificielle, ainsi que le traitement des données à caractère personnel des électeurs, ainsi que des restrictions concernant certaines formes de publicités et de publications politiques diffusées sur des plateformes et sites web étrangers.
Conformément aux dispositions régissant le scrutin, la distribution de tracts, d’affiches ou de tout autre matériel de propagande le jour du scrutin, y compris via les réseaux sociaux, la diffusion en direct, les outils d’intelligence artificielle et les plateformes numériques, peut exposer le contrevenant à une peine d'emprisonnement comprise entre trois et six mois et à une amende de 20 000 à 50 000 dirhams.
Ces dispositions visent également à renforcer la neutralité de l’administration, tant qu’un fonctionnaire ou un agent public qui abuse de ses fonctions pour diffuser du matériel électoral ou inciter les électeurs à voter en faveur d’un candidat ou d’un parti s’expose à une peine pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et à une amende comprise entre 50 000 et 100 000 dirhams.
La loi interdit également l’achat de voix au moyen de cadeaux, de dons ou d’avantages, ainsi que le recours à la pression, à la violence ou à la menace pour influencer le choix de l’électeur ou l’inciter à s’abstenir de voter.
Les dépenses de campagne feront quant à elles l'objet d'un contrôle : les comptes de campagne devront être déposés au plus tard 90 jours après la date de proclamation des résultats, sous forme électronique et sur papier, avant d'être soumis à l'examen de la Cour des comptes.
La campagne se poursuivra jusqu’à minuit le 22 septembre, les électeurs devant se rendre aux urnes le mercredi 23 septembre pour déterminer les résultats des élections législatives.
