Une nouvelle découverte archéologique dans le nord-est du Maroc a mis au jour un aspect peu commun de la vie humaine préhistorique. En effet, les chercheurs ont trouvé dans la grotte d’Ifri Nemar des os d’autruche présentant des signes évidents de transformation à l’aide d’outils en pierre.
Ces vestiges datent d’environ 15 000 ans et sont associés à la culture ibéro-maurisienne qui vivait en Afrique du Nord à la fin de l’âge de pierre. Ils sont donc particulièrement importants pour comprendre les modes de vie et les compétences techniques de ces anciennes sociétés.
Traces subtiles de traitement délibéré
Selon les chercheurs, ils ont trouvé plusieurs petits os provenant des doigts de l’autruche, dont un avec une incision linéaire claire, probablement faite par un outil en pierre. Les scientifiques ne pensent pas que ces marques soient liées à l’extraction de la moelle, mais il est plus probable qu’elles aient été utilisées pour séparer la peau ou les tendons, révélant un comportement précis et guidé dans la manipulation de l’animal.
Cela renforce l’hypothèse selon laquelle les anciens hommes de la région possédaient des compétences pratiques avancées et la capacité d’utiliser des outils en pierre pour différentes tâches, au-delà du simple abattage ou de la rupture aléatoire d’os.
Une découverte rare en Afrique du Nord
L’importance de la découverte réside également dans sa rareté, car les restes d’autruche sont l’un des rares éléments présents dans les sites archéologiques d’Afrique du Nord, ce qui fait de la découverte de traces claires de transformation sur ces os un événement scientifique remarquable.
Les vestiges ouvrent une nouvelle fenêtre sur les stratégies de subsistance des habitants de la région à cette époque et montrent que leur activité ne se limitait pas à la chasse aux mammifères, mais incluait également l’exploitation de grands oiseaux en tant que ressources alimentaires ou de travail.
Que révèle cette découverte ?
Les conclusions des chercheurs mettent en évidence plusieurs points essentiels :
- La rareté des restes d’autruche dans les sites archéologiques d’Afrique du Nord rend cette découverte particulièrement précieuse.
- Les fissures sur les os indiquent l’utilisation délibérée d’outils en pierre.
- Les sociétés anciennes de la région ont fait preuve d’une capacité évidente à s’adapter à leur environnement.
- Cette découverte s’inscrit dans le cadre des traditions ibéro-mauriciennes, connues pour la diversité de leurs modes d’utilisation des ressources.
Les autruches entre fonction et symbolisme
Cette découverte s’inscrit dans un contexte plus large qui met en évidence la place qu’occupaient les autruches dans plusieurs régions d’Afrique, tant sur le plan économique que symbolique. En Afrique australe, par exemple, on sait que les sociétés anciennes utilisaient des coquilles d’œufs d’autruche pour fabriquer des décorations et des outils, ce qui fait de la découverte d’objets similaires au Maroc un élément important de comparaison et de compréhension de la diversité de l’utilisation de l’oiseau dans les cultures anciennes.
En ce sens, la découverte de la grotte d’Ifri Nemar n’est pas seulement la découverte d’ossements anciens, mais fournit de nouvelles preuves de la capacité des hommes d’Afrique du Nord à exploiter intelligemment leur environnement et de la diversité de leurs pratiques alimentaires et techniques à la fin de l’âge de pierre.
