Le groupe marocain OCP, mieux connu sous le nom d’Office Chérif des Phosphates, a levé 1,5 milliard de dollars par le biais d’une émission internationale d’obligations hybrides, créant un précédent en tant que premier groupe africain à offrir des obligations hybrides libellées en dollars sur les marchés mondiaux, selon un document de la société publié jeudi.
L’émission marque également un retour à l’activité sur le marché primaire des obligations publiques de la région MENA, après une période d’inactivité qui a duré plus d’un mois, dans un contexte de volatilité accrue liée aux tensions découlant du conflit iranien.
La première émission de l’obligation hybride du groupe, libellée en dollars, a été divisée en deux tranches : La première arrive à échéance en avril 2031 avec un rendement de 6,74 %, tandis que la seconde arrive à échéance en avril 2036 avec un rendement de 7,37 %, selon les détails du document publié par la société.
L’opération a été organisée par BNP Paribas, Citi et JP Morgan.
Malgré l’incertitude géopolitique persistante, l’émission a fait l’objet d’une forte demande, le montant total des ordres approchant les 7 milliards de dollars, soit 4,6 fois la sursouscription, ce qui a incité le groupe à augmenter la taille de l’opération. Au total, 176 investisseurs de 23 pays ont participé à la transaction.
Cette décision financière intervient à un moment où les marchés mondiaux des engrais sont soumis à une pression croissante en raison des contraintes d’approvisionnement, des tensions liées au conflit iranien et des restrictions imposées aux exportations chinoises.
Le document, confirmé par une source haut placée de l’entreprise, indique que les perturbations de l’approvisionnement en soufre, un ingrédient clé de l’industrie des engrais, à la suite de la fermeture du détroit d’Ormuz, ont fait grimper les prix du soufre au Moyen-Orient d’environ 35 % en avril par rapport aux niveaux d’avant la crise.
Face à ces développements, OCP s’est assuré des stocks de soufre suffisants pour couvrir ses besoins opérationnels au moins jusqu’à la fin du mois de juin, tout en diversifiant ses sources d’approvisionnement pour inclure le Kazakhstan, le Canada, l’Europe, le Golfe du Mexique et la Mer Rouge.
Le groupe est un acteur majeur sur le marché mondial des engrais phosphatés et a augmenté sa capacité de production à 16 millions de tonnes en 2025, contre seulement 3 millions de tonnes en 2008.
Pour minimiser l’impact de la hausse des coûts des matières premières, l’entreprise a augmenté sa production de superphosphate triple, un produit qui nécessite moins de soufre et pas d’ammoniaque que le diphosphate d’ammonium.
Selon les données de l’entreprise, le superphosphate triple représentait environ 30 % de la production totale en 2025, le groupe visant à augmenter ce pourcentage à plus de 50 % en 2026.
