La Fédération nationale du transport touristique du Maroc a dévoilé une nouvelle feuille de route visant à restructurer et à moderniser le secteur, quatre ans avant que le Royaume n’accueille la Coupe du monde 2030 aux côtés de l’Espagne et du Portugal.
Ce plan a été présenté lors du quatrième forum national de la Fédération, qui s’est tenu à Marrakech, où les professionnels ont insisté sur la nécessité de ne plus se contenter de soulever les problèmes, mais de proposer des solutions concrètes et de participer à l’élaboration des politiques publiques liées au transport touristique.
Les réformes du cadre juridique figurent en tête des priorités du nouveau plan, les professionnels du secteur réclamant l’abrogation du dahir de 1963, qui régit toujours le transport collectif de personnes, estimant qu’il n’est plus en phase avec les mutations économiques actuelles ni avec l’évolution des besoins des voyageurs.
La Fédération s’efforce de faire adopter une loi spécifique au transport touristique, qui définisse les compétences des différentes administrations et limite les chevauchements réglementaires ainsi que les pratiques liées à la rente, tout en simplifiant les procédures et en instaurant un environnement des affaires plus transparent et plus propice à l’investissement.
Sur le plan numérique, la Fédération a annoncé qu’elle travaillait au développement d’une application entièrement marocaine, dans le but de lutter contre la prolifération des plateformes internationales et des activités non réglementées, notamment les services de transport via des applications et les réservations de voyages touristiques en ligne.
L’application proposée devrait fonctionner conformément à la législation marocaine et aux obligations fiscales en vigueur, ce qui permettra aux professionnels de regagner une partie du marché, tout en alliant innovation technologique et garantie d’une concurrence loyale entre les différents acteurs.
Ce plan prévoit également la mise en place d’un guichet unique dédié aux entreprises de transport touristique, afin de regrouper les démarches administratives allant de la création de la société au renouvellement des autorisations d’exploitation. Cette mesure vise à réduire le nombre d’intervenants et à alléger les contraintes auxquelles sont confrontées les entreprises dans la gestion de leurs activités quotidiennes.
Les professionnels misent sur le fait que la simplification des procédures contribuera à améliorer le climat des affaires et à renforcer l’attractivité du secteur auprès des investisseurs, notamment compte tenu de la hausse prévue de la demande de services de transport au cours des prochaines années et de l’approche de la Coupe du monde 2030.
La feuille de route ne s’est pas limitée aux aspects juridiques et administratifs, mais a accordé une importance particulière au développement des ressources humaines. Dans ce cadre, la Fédération a conclu un partenariat stratégique avec l’université Al-Qadi Ayyad de Marrakech afin de développer des programmes de formation, de recherche appliquée et d’innovation, adaptés aux besoins des métiers du transport touristique et favorisant l’insertion des étudiants sur le marché du travail.
Ce partenariat a pour objectif d’anticiper les évolutions technologiques et environnementales et de former des professionnels capables d’améliorer la qualité des services proposés aux touristes et de renforcer la compétitivité du secteur.
Ce plan prévoit également la mise en place de mécanismes de financement adaptés au renouvellement du parc automobile et au soutien à la transition énergétique, ainsi que la révision des contrats d’assurance et l’amélioration des infrastructures d’accueil dans les aéroports et les principaux sites touristiques.
La Fédération espère que ces réformes contribueront à faire du transport touristique un élément essentiel du renforcement de l’attractivité du Maroc et à améliorer la capacité du secteur à accueillir les nombreux visiteurs attendus lors de la Coupe du monde 2030 et au-delà.
