Le gouvernement marocain prévoit d’investir 460 millions de dirhams, soit 46 millions de dollars, dans la création d’une ville dédiée aux jeux vidéo à Rabat, dans le but d’attirer les investisseurs, de soutenir les développeurs locaux et de créer des emplois dans le secteur numérique.
Ce projet, baptisé « Cité des jeux de Rabat », s’inscrit dans le cadre du projet de loi de finances pour l’année 2027. Sur le coût total, 160 millions de dirhams (16 millions de dollars) ont déjà été engagés, selon la note explicative du projet de loi.
Une enveloppe supplémentaire de 10 millions de dirhams (1 million de dollars) a également été allouée à un programme de soutien aux entreprises de jeux vidéo et aux start-ups actives dans le secteur numérique pour la période 2027-2029.
Programme de gamification et partenariat avec CDG Invest
Cette somme est affectée au programme Gamification Lab, qui vise à aider les studios marocains à développer des produits numériques, à former leurs collaborateurs et à soutenir les start-ups. Ce programme est mis en œuvre en partenariat avec CDG Invest, la branche d’investissement du Fonds de dépôt et de gestion (CDG), détenu par l’État.
Le programme met l’accent sur la « gamification », c’est-à-dire l’utilisation d’éléments issus des jeux vidéo, tels que les récompenses, les défis et les points, pour captiver les utilisateurs et les inciter à atteindre des objectifs précis. Il vise également à aider les entreprises à trouver des solutions numériques et à préparer la main-d’œuvre aux métiers liés aux nouvelles technologies ; les jeux en ligne font partie des domaines ciblés.
En avril 2026, le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication et CDG Invest avaient lancé des appels à candidatures à l’intention des start-ups souhaitant postuler au programme, et ce, à la suite de la troisième édition du Salon du jeu vidéo du Maroc, qui s’est tenu à Rabat en mai 2026 et a attiré 80 000 visiteurs selon les chiffres communiqués.
Le gouvernement espère que cet espace offrira aux développeurs, aux start-ups et aux professionnels un lieu de travail, qu’il attirera des investissements et qu’il aidera les entreprises locales à être compétitives sur les marchés régionaux et internationaux. Le marché mondial du jeu vidéo est estimé à environ 300 milliards de dollars, et le Maroc cherche à s’en tailler une part en s’appuyant sur son vivier de compétences techniques et sur sa position en Afrique et sur le marché francophone.
Une cité du cinéma à Ouarzazate
Le projet de loi de finances pour l’année 2027 prévoit également la poursuite de la construction de la Cité internationale du cinéma d’Ouarzazate, un projet destiné à attirer davantage de productions cinématographiques internationales. Le complexe s’étend sur une superficie de 10,49 hectares pour un coût avoisinant les 240 millions de dirhams (24 millions de dollars), le secteur de la communication devant y contribuer à hauteur de 60 millions de dirhams (6 millions de dollars) qui seront versés progressivement entre 2027 et 2029.
Le ministre de la Culture, Mohamed Mehdi Bensaid, avait posé la première pierre le 26 juin 2026. Ouarzazate a accueilli de grandes productions internationales, parmi lesquelles « Gladiator », « Lawrence d’Arabie » et « Game of Thrones », mais la région a connu ces dernières années un recul des productions étrangères sous l’effet de la pandémie de Covid-19, du vieillissement des infrastructures et de la concurrence des studios européens et du Moyen-Orient.
Le gouvernement espère que ce nouveau complexe attirera davantage de productions cinématographiques, favorisera la création d’emplois et générera des retombées économiques pour Ouarzazate et la région de Drâa-Tafilalet. Le coût cumulé des projets de la cité des jeux et du complexe cinématographique est estimé à 700 millions de dirhams (70 millions de dollars), un chiffre qui correspond au coût total des deux projets et non pas uniquement aux montants prévus dans la loi de finances pour l’année 2027.
Un cadre juridique qui reconnaît les industries numériques
Ces investissements font suite à la publication du décret n° 2.24.1143 définissant les attributions et la réglementation du secteur des communications, approuvé par le Conseil des ministres le 28 mars 2025, et qui a intégré les jeux vidéo, les médias numériques, l’intelligence artificielle et les technologies de pointe parmi les domaines d’activité du secteur.
Le gouvernement affirme que cette politique soutient le nouveau modèle de développement visant à encourager l’innovation et à créer des emplois, notamment au profit des jeunes, et qu’elle s’inscrit dans le cadre de trois objectifs des Nations unies pour le développement durable : l’objectif n° 8 relatif au travail décent et à la croissance économique, l’objectif n° 9 concernant l’industrie, l’innovation et les infrastructures, et l’objectif n° 5 relatif à l’égalité entre les sexes.
La loi intègre l’étude « Ikram 2 » sur la situation des femmes journalistes dans le cadre de ses initiatives liées au genre, tandis qu’un rapport économique et financier qui l’accompagne fait état d’une demande croissante de produits numériques, en particulier ceux liés à l’intelligence artificielle.
