Le fragile cessez-le-feu conclu le 17 juin dernier entre Washington et Téhéran s’est effondré, après que les États-Unis ont lancé, mardi, une vaste opération militaire contre l’Iran, visant plus de 80 sites, en réponse à des tirs iraniens qui ont pris pour cible trois navires marchands dans le détroit d’Ormuz.
Selon l’armée américaine, les frappes ont visé des systèmes de défense aérienne iraniens, des réseaux de commandement et de contrôle, des sites de radars côtiers, ainsi que des capacités de missiles antinavires. L’opération a également visé plus de soixante petites embarcations appartenant au Corps des gardiens de la révolution islamique, qui étaient stationnées dans le détroit d’Ormuz et ses environs.
La riposte iranienne ne s’est pas fait attendre : mercredi, les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir pris pour cible 85 installations situées au sein de bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn. Téhéran a également déclaré avoir abattu un drone américain, ce qui constitue un nouveau signe de l’élargissement du champ de la confrontation.
Ce scénario rappelle les événements de fin juin, lorsque Washington a accusé Téhéran d’avoir pris pour cible des navires marchands, avant de bombarder des sites en Iran, ce qui a poussé ce dernier à mener des frappes similaires contre des sites américains au Koweït et à Bahreïn, avant qu’un accord provisoire ne mette fin aux opérations militaires.
Cette nouvelle vague d’escalade fait peser sur l’accord signé il y a moins d’un mois la menace d’un effondrement total. L’accord prévoyait, parmi ses dispositions essentielles, la réouverture du détroit d’Ormuz, ce passage stratégique par lequel transitent environ 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié de la planète, ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien, sanctions que Washington a d’ailleurs déjà réimposées.
Sur le plan diplomatique, les deux parties s’accusent mutuellement d’avoir violé le protocole du 17 juin. Téhéran a en effet averti Washington qu’il prendrait des mesures fermes pour protéger sa souveraineté et sa sécurité nationale, tandis que les États-Unis affirment que leurs actions constituent une réponse à une menace directe pesant sur la navigation internationale.
Cette escalade intervient dans un contexte politique délicat en Iran, où le pays organise des funérailles nationales de six jours en l’honneur du Guide suprême Ali Khamenei, qui a été tué au début du conflit lors des frappes israélo-américaines en février dernier.
Dans le même ordre d’idées, le ministre iranien des Affaires étrangères s’est entretenu mercredi soir avec le Premier ministre qatari, alors que les craintes d’un effondrement total du processus de désescalade ne cessent de croître. Par ailleurs, une frappe menée par un drone israélien a fait deux morts dans le sud du Liban, malgré la trêve en vigueur entre Israël et le Hezbollah, soutenu par l’Iran.
Quant au président américain Donald Trump, il a annoncé depuis Ankara, où il participait au sommet de l’OTAN, que les États-Unis porteraient un coup « puissant » à l’Iran dans la nuit, ce qui s’est effectivement produit avec le lancement d’une vaste opération militaire.
Ces développements ouvrent la voie à une phase plus critique dans la région, d’autant plus que le détroit d’Ormuz est étroitement lié à la sécurité énergétique mondiale et qu’une nouvelle escalade pourrait se répercuter sur les cours du pétrole et les marchés internationaux.
