Un désaccord public a éclaté au sein du gouvernement du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez quant à savoir si les services de renseignement avaient averti les autorités à l'avance d'un afflux massif de migrants vers la ville de Ceuta fin juillet.
Au cours de séances d'urgence au Parlement espagnol, la ministre de la Défense, Margarita Robles, a affirmé que le Centre national de renseignement avait adressé un avertissement aux autorités le 30 juillet concernant l'approche de milliers de migrants vers l'enclave sous administration espagnole en Afrique du Nord.
Mme Rubles a déclaré que les forces armées et les services de renseignement, y compris le Centre national du renseignement, avaient fait le travail qui leur incombait et partagé ces informations avec les forces de sécurité et les représentants du gouvernement à Ceuta.
Toutefois, le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlasca, a nié l’existence d’un rapport des services de renseignement prévoyant clairement ce qui s’est passé le 30 juillet, estimant que les déclarations de la ministre de la Défense laissaient entendre une tentative de lui faire porter, ainsi qu’à d’autres responsables gouvernementaux, une partie de la responsabilité de la crise.
M. Marlasca a déclaré que si le gouvernement avait disposé d’un avertissement clair concernant un afflux massif, notamment à la lumière de l’expérience de 2021 qui avait vu le passage d’environ 10 000 personnes, il aurait pris des mesures exceptionnelles à l’avance.
Le ministre de l’Intérieur avait affirmé ces dernières semaines que les autorités n’avaient pas renforcé les frontières avant la crise, faute d’indices permettant de prévoir cet afflux soudain.
Après la réponse de Marlaska, Rubles a maintenu sa position, mais elle a rectifié la date de l’alerte au 29 juillet, précisant que les informations avaient peut-être été transmises aux autorités « oralement » et non par le biais d’un rapport écrit.
Elle a précisé que les services de renseignement opéraient par divers moyens et que l’échange d’informations ne passait pas toujours par des documents officiels écrits.
Cette polémique place le gouvernement espagnol dans une situation délicate, d’autant plus que des milliers de migrants en situation irrégulière se trouvent toujours à Ceuta près d’un mois après le début de la crise.
Le Premier ministre Pedro Sánchez subit par ailleurs une pression croissante pour démontrer la capacité de son gouvernement à gérer la situation actuelle et à renforcer, à long terme, la sécurité de Ceuta et des autres territoires espagnols en Afrique du Nord.
Des informations parues dans les médias avaient précédemment indiqué que des membres de la police des frontières espagnole avaient averti le gouvernement, il y a plusieurs semaines, d’une recrudescence des tentatives d’arrivée à Ceuta par la mer, parallèlement à la diffusion d’appels sur les réseaux sociaux encourageant une traversée collective.
