Le 24 août, les États-Unis ont annoncé une nouvelle série de sanctions économiques contre l'Iran, visant des dizaines d'entreprises, de personnes et de navires, dans le cadre d'une campagne de grande envergure qui, selon Washington, vise à accentuer l'isolement de Téhéran et à lui couper ses sources de financement.
Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a déclaré que ces nouvelles mesures s'inscrivaient dans le cadre d'une opération baptisée par Washington « Economic Outcast », tandis que le président Donald Trump a qualifié cette initiative de « journée économique décisive ».
M. Bessent a précisé que l’objectif était de « couper toutes les artères économiques qui alimentent ce régime », selon ses propres termes, jusqu’à ce que Téhéran se retrouve dans une isolement économique encore plus grand.
Les sanctions visent une soixantaine d’entreprises, de personnes et de navires, parmi lesquels un réseau d’intermédiaires que Washington accuse de participer au transport de pétrole iranien via les Émirats arabes unis, Hong Kong, la Chine, Singapour et la Suisse, ce qui contribue, selon les autorités américaines, à générer des revenus pour les Gardiens de la révolution islamique.
Le ministère américain du Trésor a également élargi la portée des sanctions secondaires à des secteurs supplémentaires, notamment les actifs numériques, la technologie, l’or, l’aviation et la navigation maritime.
Ces nouvelles mesures s’inscrivent dans le cadre de pressions américaines qui durent depuis des décennies, tandis que les informations disponibles indiquent que l’Iran est également soumis depuis février à un blocus maritime mené par la marine américaine.
En revanche, l’ancien diplomate américain Alan Air, qui avait auparavant participé à l’équipe de négociation américaine sur le programme nucléaire iranien, a mis en doute la capacité des nouvelles sanctions à provoquer un changement radical, estimant que Washington avait déjà épuisé une grande partie de ses moyens de pression traditionnels.
Téhéran met en garde contre une riposte « sismique »
Le responsable iranien de la sécurité, Mohsen Rezaï, a réagi aux mesures américaines en promettant une riposte qu’il a qualifiée de « sismique », selon des déclarations diffusées par la télévision officielle iranienne.
M. Rezaï, ancien commandant des Gardiens de la révolution et actuel conseiller du Guide suprême iranien, a mis en garde contre la possibilité que des pétroliers soient pris pour cible dans le détroit d’Ormuz, affirmant qu’« une seule goutte de pétrole ne sortira pas de la région ».
Cette escalade renforce les inquiétudes liées à la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz, qui constitue l’une des principales voies maritimes pour le commerce mondial de l’énergie.
Selon le site « Axios », les sanctions économiques devraient rester le principal moyen de pression utilisé par l’administration américaine à l’encontre de l’Iran, au moins jusqu’aux élections de mi-mandat.
Le rapport souligne que le succès de ce nouveau train de mesures dépendra de l’engagement des alliés de Washington à appliquer ces restrictions, ainsi que de la position de la Chine, de la Russie et de l’Inde, qui poursuivent leurs relations commerciales avec Téhéran.
Sur le plan intérieur, la radio « NPR » a indiqué que le rial avait chuté à un niveau historique, dépassant les deux millions de rials pour un dollar, tandis que le taux d’inflation, selon la même source, avoisine les 90 %.
Le rapport ajoute que la crise économique se répercute de plus en plus sur la vie quotidienne, certains Iraniens étant contraints d’acheter des denrées alimentaires à crédit et ayant des difficultés à se procurer certains médicaments, dont l’insuline.
De son côté, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a appelé les parties au conflit à ne pas utiliser les voies maritimes comme moyen de pression, soulignant la nécessité de garantir la continuité du flux de marchandises civiles à travers le détroit d’Ormuz.
