Le Maroc s'efforce de redynamiser le tourisme de croisière dans le cadre de sa stratégie touristique, en tirant parti de sa situation géographique entre la Méditerranée et l'océan Atlantique, ainsi que de ses villes et ports capables d'attirer les navires de croisière en provenance des marchés européens.
Le Royaume s'efforce de transformer les escales des navires de croisière, qui ne sont actuellement que de brèves visites, en une véritable source de recettes, en encourageant les passagers à dépenser dans les villes et à profiter des circuits culturels, historiques et naturels.
Le terminal de Casablanca accueille 94 000 touristes de croisière
Le port de Casablanca a franchi une étape importante avec la mise en service de la nouvelle terminal de croisière, inaugurée officiellement en septembre 2025.
Depuis lors, le terminal a accueilli 53 navires de croisière et près de 94 000 passagers, ce qui renforce la place de la capitale économique sur la carte des croisières dans la région.
Casablanca bénéficie de nombreux atouts, parmi lesquels la mosquée Hassan II, son patrimoine architectural et sa situation côtière, ainsi que la possibilité d’organiser des excursions vers Rabat et El Jadida.
Tanger et Agadir, deux pôles majeurs
Outre Casablanca, la stratégie marocaine mise sur Tanger et Agadir.
Tanger bénéficie d’une situation stratégique aux portes de la Méditerranée, ainsi que d’un riche patrimoine culturel et historique, tandis qu’Agadir allie le tourisme balnéaire à la possibilité d’organiser des excursions vers Taroudant et Taghazout.
L’un des principaux défis consiste à relier ces ports au sein d’une offre touristique unifiée, plutôt que de laisser chaque destination fonctionner séparément.
Le véritable défi réside dans les dépenses effectuées au sein des villes
La particularité du tourisme de croisière réside dans le fait que les passagers ne passent généralement que quelques heures dans la ville où le navire fait escale.
C’est pourquoi le succès de ce type de tourisme ne se mesure pas uniquement au nombre de navires ou de passagers, mais aussi à la capacité des villes à organiser les transports et les visites guidées, à mettre à disposition des guides professionnels, à garantir la sécurité, à ouvrir les commerces et à offrir des services à la hauteur des attentes des visiteurs internationaux.
Le Maroc doit également évaluer les dépenses moyennes des passagers à terre, le volume des ventes d’excursions organisées, les retombées commerciales et les opportunités d’emploi générées par cette activité, afin de s’assurer que le secteur apporte une réelle valeur économique.
La durabilité et l’environnement figurent parmi les priorités
Le tourisme de croisière pose également des défis environnementaux et urbains, notamment au vu des critiques auxquelles sont confrontées certaines villes européennes en raison de la pollution marine et de la surfréquentation touristique.
C’est pourquoi le modèle marocain devrait mettre l’accent sur une meilleure répartition du trafic des navires entre les ports et l’adoption de normes environnementales plus strictes, tout en associant les acteurs locaux à la planification.
L’objectif principal reste de faire du tourisme de croisière un outil supplémentaire pour renforcer l’image touristique du Maroc et diversifier les sources de revenus, sans pour autant qu’il remplace le tourisme traditionnel basé sur des séjours de plus longue durée.
