Le ministre délégué chargé du Budget, Fawzi Lakjaâ, a dévoilé une série d'avantages fiscaux et de facilités douanières dont bénéficient les artistes et les sociétés de production cinématographique au Maroc, dans une réponse écrite aux questions posées par des membres du Conseil des conseillers.
Ces mesures comprennent des allègements fiscaux en faveur des artistes, qui peuvent bénéficier d’une déduction de 35 % sur leurs rémunérations imposables, dans la limite de 35 000 dirhams. De même, les artistes percevant des rémunérations au titre de prestations individuelles bénéficient d’une déduction de 50 % sur leur revenu global.
Les prix littéraires et artistiques dont la valeur n’excède pas 100 000 dirhams par an sont également exonérés d’impôt, tandis que les redevances de droits d’auteur versées aux artistes résidents peuvent, dans certains cas, bénéficier d’une exonération de l’impôt sur le revenu.
Quant aux artistes exerçant en tant qu’indépendants, ils ne sont pas soumis au seuil d’imposition minimum pendant les trois premières années d’exercice de leur activité.
Dans le secteur cinématographique, les billets de cinéma sont soumis à une taxe sur la valeur ajoutée de 10 %, tandis que certains films documentaires et éducatifs peuvent bénéficier d’exonérations fiscales.
Stimulation des productions cinématographiques étrangères
Le Royaume offre également un soutien direct aux productions cinématographiques et télévisuelles étrangères, sous la forme d’un remboursement en espèces de 30 % des dépenses éligibles engagées au Maroc.
Pour bénéficier de ce soutien, il est nécessaire de dépenser au moins 10 millions de dirhams sur le territoire national et de tourner au Maroc pendant au moins 18 jours.
Les dépenses éligibles comprennent les salaires des équipes locales, la location de matériel, l’hébergement, les transports, les décors, ainsi que les services de post-production.
Selon les chiffres du Centre cinématographique marocain, les dépenses directes liées aux productions étrangères se sont élevées à environ 1,21 milliard de dirhams.
Parmi les productions les plus marquantes citées, on peut citer le film « Charlie’s Tale » du réalisateur Christopher Nolan, qui a dépensé environ 252 millions de dirhams au Maroc, ainsi que la série américaine « UNT Merc », dont les dépenses se sont élevées à 234,3 millions de dirhams.
Les dépenses liées à la deuxième saison de « The Terminal List » se sont élevées à environ 156,9 millions de dirhams, contre 113,9 millions de dirhams pour la deuxième saison de « The Agency ».
Facilités douanières pour le matériel et les œuvres d’art
Les sociétés de production et les artistes bénéficient également de facilités pour l'importation temporaire de matériel au Maroc, notamment lors de tournages ou de l'organisation d'événements.
Le système du carnet ATA permet d’importer du matériel sans acquitter les droits et taxes à l’importation, à condition de le réexporter hors du pays une fois l’activité terminée.
En l’absence de ce carnet, l’administration douanière peut accepter un engagement émis par le ministère compétent à la place d’une garantie bancaire.
Ces facilités s’étendent également aux œuvres d’art, aux objets d’art et aux collections destinés à être exposés lors de manifestations à but non lucratif ; ceux-ci peuvent rester au Maroc pendant une durée pouvant aller jusqu’à deux ans, avec une possibilité de prolongation jusqu’à quatre ans.
Les sociétés de production cinématographique peuvent également importer du matériel de tournage dans le cadre du régime d’admission temporaire, sur présentation d’une lettre d’engagement émanant du Centre cinématographique marocain.
En ce qui concerne la production locale, les données du Centre cinématographique marocain indiquent que l’investissement total dans la production cinématographique s’est élevé à environ 1,8 milliard de dirhams, dont 596,5 millions de dirhams pour les productions locales.
Les salles de cinéma ont vendu 2,19 millions de billets, générant des recettes s’élevant à 129,8 millions de dirhams, tandis que les films marocains ont représenté environ 1,03 million de billets, soit 47 % du nombre total de billets vendus.
L’État a également accordé une aide de 73,5 millions de dirhams à 84 projets, alors que le financement privé est devenu plus présent, puisque près de 54 % des longs métrages nationaux achevés n’ont pas bénéficié d’un soutien financier public.
