Le cinéma marocain s'impose en force en marge de la 83e édition du Festival du film de Venise, grâce à la sélection de trois projets pour participer au « Venice Gap-Financing Market », la plateforme dédiée à aider les films en phase finale de développement à boucler leur financement.
Ce marché du financement se tiendra du 4 au 6 septembre 2026, dans le cadre du « Venice Production Bridge », parallèlement au Festival du film de Venise qui se déroulera du 2 au 12 septembre.
Les trois projets marocains ont été sélectionnés parmi 65 projets provenant du monde entier, après réception de plus de 370 candidatures. La liste officielle comprend 37 projets de longs métrages de fiction et de documentaires, ainsi que des projets immersifs et des œuvres relevant du programme « Biennale College Cinema ».
Bien que le Maroc soit absent des compétitions officielles du festival, sa présence au marché du financement offre aux porteurs de projets l’occasion de présenter leurs œuvres devant des producteurs, des distributeurs, des financeurs, des agents de vente et des plateformes de diffusion internationales.
Un nouveau documentaire d’Asma El-Medir
Parmi les projets sélectionnés figure en tête de liste le documentaire « Don’t Let the Sun Go Up on Me » de la réalisatrice marocaine Asma El-Medir, une coproduction entre le Maroc, la Norvège, la France et le Chili.
Le film retrace la vie d’un groupe de personnes atteintes de xeroderma pigmentosum, une maladie génétique rare qui rend l’exposition au soleil mortelle pour les personnes qui en souffrent, surnommées les « enfants de la lune ».
L’œuvre met en avant Fatima Al-Zahra, une Marocaine qui a contribué à la création d’une association pour les personnes atteintes de cette maladie avant son décès en 2023, ainsi que sur des proches qui décident de s’installer dans les îles Lofoten, en Norvège, où l’ensoleillement est moindre.
Asma El-Moudir revient avec ce projet après le succès international de son film « Un mensonge blanc », qui a remporté plusieurs prix, dont le prix de la mise en scène dans la section « Un certain regard » du Festival de Cannes en 2023.
« Stallions » sur les cavaliers de chevaux berbères
Le deuxième projet est le documentaire « Stallions » de la réalisatrice Rita Baghdadi, une coproduction entre le Maroc et les États-Unis.
La réalisatrice tourne son film sur la côte marocaine, où elle suit un groupe de cavaliers qui entretiennent un lien profond avec les chevaux berbères et perpétuent les traditions équestres qui y sont associées.
Rita Baghdadi s’était déjà fait remarquer avec son documentaire musical « Sirens », présenté au Festival du cinéma de Sundance en 2022.
Ismail Al-Iraqi revient avec le film « Wolfmother »
Le long métrage de fiction « Wolfmother » du réalisateur marocain Ismaël El-Iraqi vient compléter la liste des trois projets ; il s’agit d’une coproduction entre le Maroc et la France.
Tourné en arabe, en français et en amazigh, le film se déroule dans le nord du Maroc, entre Tanger et la région du Rif, et suit l’histoire d’Amira, une passeuse de cigarettes et mère de deux jeunes hommes prénommés Dollar et Asil.
La vie de la famille bascule lorsque Assil, le plus impulsif des deux frères, s’immisce dans l’univers des grands trafiquants de cannabis, entraînant les personnages dans une série d’événements tragiques.
Ce projet marque le retour d’Ismaël Al-Iraqi au Festival de Venise, après la projection de son premier long métrage, « Zanka Contact », dans le cadre de l’édition 2020 du festival.
La participation au Marché du financement de Venise permet aux équipes de tournage d’organiser des entretiens individuels avec des investisseurs, des producteurs, des distributeurs, des institutions cinématographiques et des sociétés de post-production, dans le but de lever les fonds restants et de mener les projets jusqu’à leur achèvement et leur distribution.
