Andrea Pirlo a été écarté de la liste des candidats au poste de sélectionneur de l'équipe nationale italienne, après que ses liens commerciaux avec une société de paris russe ont suscité une vague de critiques politiques et médiatiques en Italie.
L'ancienne star du Milan AC et de la Juventus figurait parmi les noms les plus en vue pour prendre les rênes des « Azzurri », avant que la fédération italienne de football ne revienne sur sa décision de le nommer en raison de la polémique liée à son rôle d'ambassadeur mondial de la société russe « Fonbet ».
Pirlo a confirmé avoir été informé qu’il n’était plus candidat à ce poste, tout en exprimant son regret que cette question sportive ait donné lieu à un débat politique et personnel sur ses positions.
L’entraîneur italien a précisé que sa collaboration avec cette entreprise s’inscrivait dans le cadre de sa carrière professionnelle aux Émirats arabes unis, soulignant que cette relation était de nature purement commerciale et sportive et ne revêtait aucune connotation politique.
Pirlo a déclaré que donner une signification politique à cette collaboration reviendrait à lui attribuer des convictions qu’il n’a jamais exprimées et qui ne le représentent pas, soulignant qu’il a toujours respecté les lois des pays dans lesquels il a travaillé ainsi que les contrats qu’il a signés.
Les critiques se sont intensifiées après l’apparition de Pirlo lors d’événements promotionnels organisés par la société russe, aux côtés de son ancien coéquipier Marco Materazzi, lors d’une visite à Moscou qui coïncidait avec la poursuite de la guerre en Ukraine.
Le nom de « Vonbet » est associé à l’homme d’affaires russe Sergueï Lomakin, qui possède également le club United FC à Dubaï, où Pirlo a occupé le poste d’entraîneur lors de sa dernière expérience professionnelle. Ce lien a suscité l’opposition de personnalités politiques et sportives quant à la possibilité de le nommer à un poste représentant la sélection nationale italienne.
Paolo Maldini, responsable du projet sportif au sein de la Fédération italienne, avait soutenu la candidature de Pirlo, mais le président de la Fédération, Giovanni Malagò, a décidé de suspendre la procédure de nomination face à l’ampleur du rejet institutionnel.
Cette crise a entraîné la démission de Maldini et de son conseiller brésilien Leonardo de leurs fonctions, peu de temps après leur arrivée au sein de la Fédération, plongeant ainsi le projet de reconstruction de l’équipe nationale italienne dans une nouvelle phase de turbulences.
La candidature de Pirlo a également suscité des interrogations d’ordre technique en raison de ses succès limités en tant qu’entraîneur. Il avait en effet déjà dirigé la Juventus, le Fenerbahçe turc, la Sampdoria et United FC, sans parvenir à instaurer une stabilité ni à obtenir des résultats à la hauteur de son illustre carrière de joueur.
En revanche, Pirlo a défendu son attachement à son pays, affirmant que son amour pour l’Italie ne dépendait pas de l’obtention d’un poste au sein de la sélection, et a remercié Maldini et Leonardo pour leur soutien tout au long du processus de sélection.
Pirlo était l’une des figures de proue de la sélection italienne sacrée championne du monde en 2006. Il a disputé 116 matchs internationaux, au cours desquels il a inscrit 13 buts, avant de mettre un terme à sa carrière internationale en 2015.
