La Turquie, l'Arabie saoudite et le Pakistan s'apprêtent, ce vendredi, à signer un accord de défense commun, une initiative qui intervient dans un contexte d'escalade des troubles sécuritaires dans la région et de craintes croissantes quant à l'élargissement du champ des affrontements.
Selon des sources bien informées dans la région, cet accord reflète un rapprochement croissant entre les trois pays, même si les détails des engagements militaires et sécuritaires que chaque partie devra assumer ne sont pas encore entièrement clarifiés.
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, accompagnés du chef de l’armée pakistanaise Asim Munir, devraient rencontrer le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à Djeddah pour signer l’accord.
Des négociations qui ont duré près d’un an
Selon les informations disponibles, cet accord est le fruit de négociations qui se sont poursuivies pendant près d’un an, dans le cadre d’un processus visant à renforcer la coopération en matière de sécurité et de défense entre les trois pays.
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, avait affirmé en janvier qu’Ankara privilégiait la mise en place d’une plateforme de sécurité régionale plus large, permettant d’élargir la coordination et de renforcer la stabilité dans la région.
Cette initiative intervient dans un contexte de tensions croissantes, les pays du Golfe étant la cible d’attaques iraniennes en représailles aux frappes menées par les États-Unis et Israël, selon les mêmes sources.
Un accord saoudien-pakistanais antérieur
En septembre 2025, l’Arabie saoudite et le Pakistan avaient déjà signé un accord de défense commune qui avait renforcé leur partenariat sécuritaire, établi depuis des décennies.
L’agence « Reuters » avait rapporté, d’après un responsable saoudien, que l’accord en vigueur entre Riyad et Islamabad stipule que toute attaque contre l’une des parties est considérée comme une attaque contre les deux parties.
Il prévoit également, selon la même source, la possibilité de recourir à « tous les moyens militaires » dans le cadre de la défense commune.
Trois puissances régionales influentes
Ce nouvel accord revêt une importance particulière compte tenu du poids militaire et politique des trois pays.
La Turquie est membre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), tandis que l’Arabie saoudite est l’un des principaux alliés des États-Unis et la plus grande puissance économique et militaire du Golfe, sans compter son statut de l’un des plus grands exportateurs de pétrole au monde.
Quant au Pakistan, il se distingue par le fait qu’il est le seul pays musulman à posséder l’arme nucléaire, ce qui confère à tout cadre de défense auquel il participe un poids stratégique considérable.
Cet accord, s’il venait à être signé, refléterait une volonté de construire un axe de sécurité plus cohérent entre Ankara, Riyad et Islamabad, à un moment où la région connaît une instabilité croissante.
