L'organisation « Flotte de la Résistance » a suscité une nouvelle vague de polémique au Maroc, après avoir publié une mise au point sur son compte officiel Instagram concernant la suppression de contenus traitant de la question du Sahara.
Des pages liées à l’organisation avaient auparavant publié des vidéos et des contenus qui avaient suscité des critiques au Maroc, en raison de l’utilisation de descriptions et de prises de position jugées par certaines instances nationales comme favorables à la cause séparatiste, bien que cette initiative ait été fondée à l’origine dans le but de soutenir Gaza et de contribuer à briser le blocus qui lui est imposé.
L’organisation a précisé avoir publié des vidéos mettant en lumière ce qu’elle a qualifié de « lutte du peuple sahraoui », avant de décider de les supprimer et d’archiver un documentaire lié à ce sujet, en raison de divergences importantes au sein de ses délégations concernant le champ d’action de l’initiative et la manière d’aborder cette question.
Des excuses qui suscitent des critiques marocaines
Dans son communiqué, « La Flotte de la Résistance » a déclaré que la suppression de ce contenu avait entraîné, selon ses propres termes, un « silence temporaire et une marginalisation » des voix mises en avant dans ces extraits, présentant des excuses qu’elle a qualifiées de « sincères et inconditionnelles ».
Il a également reconnu que sa production médiatique avait précédé la conclusion d’un accord interne entre les délégations participantes, ajoutant que l’appel à la solidarité mondiale devait s’accompagner d’un consensus au sein de l’initiative, qui regroupe des délégations de 56 entités.
Cette clarification n’a toutefois pas mis fin à la polémique, car un certain nombre d’internautes marocains ont estimé que l’organisation s’était excusée auprès des partisans de la cause séparatiste, sans présenter d’excuses similaires aux participants marocains ni exposer la position favorable à l’unité territoriale du Royaume.
De même, des commentaires publiés sur la page officielle de l’« Armada » ont critiqué le fait que le contexte historique et politique du conflit ait été ignoré et que le point de vue marocain n’ait pas eu sa place dans le contenu publié.
Menaces de retrait de l’initiative
Des organisations, des partis et des personnalités marocaines participant à la « Flotte de la résistance » avaient déjà exprimé leur refus d’intégrer la question du Sahara dans une initiative destinée à soutenir la cause palestinienne.
Des membres issus de courants politiques et intellectuels divers, parmi lesquels la gauche radicale et des mouvements islamistes tels que « Al-Tawhid wal-Islah » et « Al-Adl wal-Ihsan », ont menacé de se retirer et de rompre tout lien avec l’organisation.
Selon les informations qui circulent, ces pressions ont contribué à la suppression des passages controversés, alors que des voix s’élevaient pour exiger que les activités de la Flotte se limitent à son objectif déclaré et que la solidarité avec la Palestine ne soit pas instrumentalisée dans d’autres conflits politiques.
Ce différend soulève à nouveau des questions concernant la gestion des messages médiatiques au sein d’initiatives internationales multipartites, ainsi que leur capacité à préserver un objectif commun sans s’impliquer dans des dossiers controversés susceptibles de nuire à leur cohésion et à leur crédibilité.
