Le ministère de l'Intérieur a affirmé que les événements survenus récemment aux points de passage menant à Ceuta et Melilla n'étaient ni spontanés ni dus à des facteurs conjoncturels, mais résultaient plutôt d'une combinaison de causes, parmi lesquelles l'utilisation des réseaux sociaux, la diffusion d'informations trompeuses, les agissements des réseaux de traite des êtres humains, ainsi que des interprétations erronées de certaines données juridiques et administratives.
Le porte-parole officiel du ministère, Rachid El Khalfi, a déclaré que ces facteurs avaient contribué à créer une impression trompeuse chez un certain nombre de personnes souhaitant émigrer, selon laquelle l’accès à l’espace européen était désormais facile et sans conséquences juridiques.
Il a précisé que les pouvoirs publics ont agi dès les premières phases selon une approche proactive et globale, axée sur la surveillance des indicateurs précoces, le renforcement de la vigilance et la préparation des services de sécurité et des autorités locales.
La surveillance terrestre et maritime a également été intensifiée, ce qui a permis de maîtriser la situation, de protéger des vies humaines et de sécuriser les frontières, dans le respect de la loi et du principe de proportionnalité des interventions.
Près de 40 000 personnes se sont rendues à Ceuta
Selon les données officielles, le nombre de personnes ayant tenté de franchir illégalement la frontière vers Ceuta s’est élevé à près de 40 000, contre environ 1 135 en direction de Melilla.
Le ministère a confirmé que toutes les personnes ayant réussi à atteindre Melilla ont été rapatriées en temps voulu.
M. El Khalfi a souligné que ces chiffres s’appuient sur des systèmes de surveillance et de suivi sur le terrain et techniques mis en place aux points de départ des tentatives de franchissement, les considérant comme la référence officielle, contrairement à certaines estimations circulant qui ne reposent pas sur des bases fiables.
Des décisions judiciaires espagnoles ont encouragé la traversée à la nage
Le ministère de l’Intérieur a souligné que des décisions judiciaires espagnoles récentes ont restreint la possibilité d’appliquer le renvoi immédiat à certains migrants interceptés en mer.
Il a ajouté que les interprétations erronées qui ont accompagné ces décisions ont renforcé chez certaines personnes la conviction qu’il était possible d’échapper au refoulement en effectuant la traversée à la nage.
Selon la même source, cela a donné lieu à l’émergence d’un modèle quasi uniforme de tentatives d’immigration, reposant sur la nage, considérée par certains comme offrant de meilleures chances d’arriver à destination et d’y rester.
Cependant, la courte distance à parcourir à certains endroits, inférieure à 70 mètres, et la faible profondeur, qui ne dépasse parfois guère plus de deux mètres, ont créé une fausse impression de facilité de traversée, ce qui a conduit un certain nombre de personnes à sous-estimer l’ampleur des risques.
11 décès confirmés et d’autres cas en cours de vérification
Le ministère a annoncé avoir enregistré un décès accidentel suite à une chute depuis une zone rocheuse près de Ceuta, ainsi que dix décès par noyade.
Les autorités marocaines ont confirmé qu’elles poursuivaient leur coordination avec la partie espagnole afin de vérifier les chiffres circulant concernant d’autres décès à Sebta, d’identifier les victimes et leur nationalité, et de mener à bien les démarches juridiques et humanitaires nécessaires.
Parallèlement, les postes-frontières ont été ouverts aux personnes souhaitant rentrer volontairement, dans le cadre de la coopération en place avec les autorités espagnoles et conformément aux procédures en vigueur.
Selon le ministère, ces opérations de retour ont contribué au retour progressif à la normale dans la région.
Enquêtes judiciaires visant à déterminer les responsabilités
Le parquet compétent a ouvert des enquêtes judiciaires sur les faits et les circonstances liés à ces événements.
Ces enquêtes visent à établir l’ensemble des circonstances, à identifier les entités ou les personnes impliquées et à déterminer les responsabilités juridiques conformément à la législation en vigueur.
Le ministère de l’Intérieur a réaffirmé que la gestion de la question migratoire exige une approche globale fondée sur la responsabilité partagée, la solidarité et le partage des charges entre les différentes parties.
Elle a souligné que le Maroc continuera à jouer son rôle de partenaire fiable dans la lutte contre l’immigration clandestine et la traite des êtres humains, tout en prenant les mesures nécessaires pour préserver l’ordre public, la sécurité des frontières ainsi que la sécurité des personnes et des biens.
