Le détroit d’Ormuz a été le théâtre d’une nouvelle attaque visant un pétrolier près de la région de Lima, dans la Sultanat d’Oman, ce qui a exacerbé les tensions dans l’une des voies maritimes les plus importantes au monde pour le transport d’énergie.
Selon l’Agence britannique des opérations maritimes, le navire a été touché par un projectile d’origine inconnue, dans un incident s’inscrivant dans une série d’attaques qui ont récemment visé plusieurs navires, dont des pétroliers appartenant à la société « Dynacom Tankers Management ».
Les données de navigation ont montré que le trafic des pétroliers dans le détroit avait fortement diminué mardi, après que de nombreuses compagnies eurent suspendu leur traversée ou modifié leurs itinéraires en raison de l’augmentation du niveau de risque.
Selon les estimations de « S&P Global Energy », le nombre moyen de pétroliers transitant par ce détroit s’est élevé à seulement sept par jour au cours de la semaine qui s’est terminée le 19 juillet, contre 16 par jour la semaine précédente.
Selon certains analystes, les compagnies de transport maritime opèrent désormais à la limite du risque acceptable, ce qui pousse un nombre croissant d’entre elles à éviter cette zone et à rechercher des itinéraires alternatifs, malgré le surcoût et la durée accrue des traversées.
Les récentes attaques ont notamment visé des navires naviguant au large des côtes omanaises après la mise hors service de leurs systèmes de transmission et d’identification. Des armateurs sud-coréens et grecs, qui jouaient un rôle important dans le transport du pétrole pendant la guerre, ont également été touchés.
La situation se complique encore davantage avec les menaces des Houthis de perturber le trafic maritime saoudien en mer Rouge, le groupe ayant appelé les armateurs à revoir leurs relations avec le Royaume.
Certains navires ont d’ores et déjà commencé à modifier leurs signaux d’identification et à afficher plus clairement leur drapeau national, afin de réduire le risque d’être pris pour cible.
Parmi ces navires figure le gigantesque pétrolier indien « Desh Viraat », qui faisait route vers le détroit de Bab al-Mandab et avait signalé la présence d’une escorte armée avant de modifier son signal pour « Govt. of India Await », indiquant ainsi son rattachement au gouvernement indien.
Les entreprises qui traitent régulièrement avec les ports saoudiens sont désormais tenues de tenir compte de ce niveau de risque élevé, tandis que certains opérateurs ont commencé à annuler leurs traversées ou à modifier leurs itinéraires pour contourner le détroit d’Ormuz et la mer Rouge.
La persistance de ces attaques suscite des craintes croissantes quant à une perturbation de l’approvisionnement en pétrole et en gaz, ainsi qu’à une hausse des coûts de transport et d’assurance, ce qui pourrait se répercuter directement sur les prix de l’énergie sur les marchés mondiaux.
