Le Conseil régional de Souss-Massa est entré dans une crise politique après l’impossibilité de tenir sa session d’octobre faute de quorum, une interruption que les observateurs attribuent aux tensions croissantes entre certains élus et le nouveau directeur des services, ainsi qu’au recul de la concertation au sein de l’institution régionale.
Ces développements interviennent après plusieurs mois au cours desquels le Conseil a connu des divergences de positions entre ses membres, avant que le différend ne passe d’une discussion en coulisses à un dossier affectant le fonctionnement de l’institution élue.
Comment le nouveau directeur est-il arrivé à la tête de la région ?
L’origine des tensions actuelles remonte à la période où l’ancien directeur des services a quitté ses fonctions, après une période au cours de laquelle, selon certaines informations, de fortes pressions avaient été exercées. Il a été remplacé par un responsable qui travaillait au cabinet du wali de la région de Souss-Massa, Saïd Amzazi, et qui l’a suivi dans cette région lorsqu’il y a été nommé wali.
Une source médiatique avait évoqué dans un article la manière dont ce responsable avait été propulsé à ce poste, précisant qu’il s’agissait d’une personnalité proche du wali et travaillant au sein de son cabinet, et qu’il était devenu le favori pour obtenir le poste de directeur des services. Une fois la procédure de sélection achevée, il a quitté le cabinet du wali pour rejoindre l’administration régionale du Conseil, une décision qui, selon la même source, a suscité des réserves chez un certain nombre de cadres et de fonctionnaires, estimant que ce poste aurait dû faire l’objet d’une concurrence entre les compétences de l’administration régionale.
Détérioration des relations entre les vice-présidents et l’administration
Depuis la prise de fonction du nouveau directeur, des tensions sont apparues, selon des informations circulant au sein du Conseil, dans ses relations avec un certain nombre d’élus, notamment certains vice-présidents, ce qui a conduit à un recul de leur implication dans la communication avec les employés et les cadres, alors qu’ils assumaient auparavant ce rôle.
Les discussions au sein du Conseil ne se sont pas limitées à des divergences de points de vue sur la gestion administrative, mais ont porté sur les limites d’intervention de chaque partie et sur la nature des relations entre l’administration et les élus dans les dossiers relevant de leurs compétences, alors que certains élus affirment que la consultation à leur égard a diminué sur un certain nombre de dossiers.
Questions sur la place du président de la région
Le président du Conseil se trouve également confronté à des questions politiques et administratives, alors que les observateurs ont de plus en plus l’impression que la direction politique du Conseil a perdu une partie de sa force et de sa présence d’antan, et que certaines de ses compétences, politiques et administratives, sont désormais exercées ailleurs, ce qui suscite un débat plus large sur le rôle que joue le président de la région dans le maintien des équilibres au sein du Conseil.
Mais cette interprétation reste sujette à controverse et ne peut être tranchée sans avoir entendu le président de la région et les autres parties concernées, car la distinction entre les compétences dévolues au président et celles qui relèvent de l’administration reste une question régie par la loi.
Suspension d’une session qui devait débattre du budget 2027
Après l’impossibilité de tenir la session d’octobre, le différend entre certains élus et le directeur des services est revenu sur le devant de la scène, certains vice-présidents – dont le rôle vis-à-vis de l’administration aurait, selon certaines informations, été réduit – figurant parmi ceux qui ont contribué à l’absence de quorum.
Le différend s’est ainsi transformé en une crise politique au sein de l’institution élue, au point d’entraîner la suspension d’une session qui devait initialement être consacrée à l’examen du projet de budget 2027 ainsi qu’à d’autres dossiers relatifs à la gestion des affaires de la région.
Le Conseil régional de Souss-Massa se trouve désormais dans une situation qui nécessite une réponse politique et institutionnelle avant que ce différend ne devienne la nouvelle norme dans le fonctionnement de l’institution. En effet, le problème ne se limite plus à l’absence de quorum, mais s’étend aux motivations de la boycott menée par les élus, à la nature des relations entre la direction politique et l’administration, ainsi qu’à la capacité de la présidence de la région à reprendre l’initiative et à rétablir la confiance et la concertation entre les composantes du Conseil.
