Le gouvernement espagnol a annoncé dimanche que plus de 5 300 migrants, restés à Ceuta après la vague massive d'arrivées enregistrée en juillet, sont rentrés au Maroc en l’espace d’un mois, alors que Madrid subit des pressions croissantes pour rétablir la situation à la normale dans la ville.
Ces chiffres interviennent dans un contexte de critiques politiques à l’encontre du gouvernement concernant le rythme des retours des migrants, un dossier qui pèse désormais sur le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez à l’approche des prochaines élections.
Plus de 70 000 migrants étaient entrés à Ceuta les 30 et 31 juillet lors d’une vague sans précédent ; la plupart d’entre eux sont retournés au Maroc dans les heures qui ont suivi, tandis que des milliers d’autres sont restés dans la ville pendant plusieurs semaines.
Les autorités espagnoles ont été contraintes de vérifier l’identité des migrants restés à Ceuta et d’examiner leur situation juridique, en particulier celle des demandeurs d’asile et des mineurs non accompagnés qui ne peuvent être expulsés immédiatement.
Ángel Víctor Torres, ministre chargé de coordonner la réponse du gouvernement à ce dossier, a déclaré que 5 321 personnes étaient rentrées « de leur plein gré » au Maroc depuis le 10 août.
Il a ajouté que 90 personnes avaient renoncé à leur demande de protection internationale, tandis que près d’un millier d’autres sont en cours d’enregistrement en vue de finaliser les formalités de leur retour.
Le ministre n’a pas révélé le nombre total de migrants encore présents à Ceuta après ces retours, un chiffre qui fait toujours l’objet d’un désaccord entre le gouvernement central et les autorités locales.
Le maire de Ceuta, Juan Jesús Vivás, membre du Parti populaire (opposition), avait estimé à environ 13 000 le nombre de migrants restants, tandis que le gouvernement espagnol avait avancé des estimations inférieures.
La ville a récemment été le théâtre de manifestations répétées de la population locale, alors que certains migrants continuaient de camper sur les plages et de dormir dans les rues, sur fond d’accusations portées contre le gouvernement, qui serait incapable de gérer la crise humanitaire avec la rapidité requise.
Le ministère espagnol de l’Immigration a également annoncé la création de 864 places supplémentaires dans les centres d’hébergement provisoires, portant le nombre total à environ 4 300 places, avec l’objectif d’atteindre 6 000 places dans les prochains mois.
La situation est encore compliquée par la polémique politique qui persiste quant à savoir si le gouvernement espagnol avait été informé à l’avance de l’évolution de cette vague migratoire, ainsi que par les interrogations sur le rôle éventuel du Maroc, alors que Madrid s’efforce depuis des années d’améliorer ses relations avec Rabat.
