La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a appelé l'Europe à développer ses propres capacités dans le domaine de l'intelligence artificielle, avertissant que l'absence de ces capacités rendait le continent dépendant de technologies dont l'accès est contrôlé par une partie extérieure.
Dans un discours prononcé jeudi lors d’une conférence au siège de la Banque centrale européenne à Francfort, Mme Lagarde a déclaré que le développement des outils d’intelligence artificielle les plus avancés se concentrait actuellement aux États-Unis et en Chine, ajoutant que cela soulève la question du contrôle de l’accès à des technologies dont les institutions financières européennes pourraient devenir fortement dépendantes, et soulignant la nécessité pour l’Europe de ne pas rester « à la merci d’une clé d’accès contrôlée par des acteurs extérieurs ».
La présidente de la Banque centrale européenne a estimé que la question du contrôle de l’accès à ces outils n’était plus une simple hypothèse, mais était devenue une réalité depuis l’été dernier.
Elle a averti que l’essor de l’intelligence artificielle pourrait amplifier la volatilité des marchés, intensifier les cyberattaques et engendrer de nouveaux risques menaçant le système financier.
Mme Lagarde a souligné que les puissances concurrentes avaient un intérêt commun à empêcher que les modèles les plus avancés d’intelligence artificielle ne tombent entre de « mauvaises mains », exprimant son espoir de voir s’instaurer une coopération internationale pour encadrer ce domaine.
