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Les Marocains résidant au Sénégal, qu’ils soient citoyens ou étudiants, vivent dans un état de tension et de peur constantes depuis quelques jours, après qu’un certain nombre d’entre eux ont été victimes d’agressions physiques directes et de pillages de leurs biens, dans le cadre d’une vague sans précédent d’incitation numérique ciblant systématiquement la communauté marocaine.
Ces attaques ont eu lieu à la suite de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, au cours de laquelle le Sénégal a battu le Maroc (1-0 après prolongation), un match qui a connu une grande tension et une importante controverse arbitrale, après laquelle certaines plateformes sénégalaises se sont transformées en une arène de discours de haine et d’incitation ouverte à l’encontre des Marocains.
Agressions documentées et incitation publique
Des vidéos et des photos choquantes documentant des cas de violence directe contre les Marocains dans les rues de Dakar et d’autres villes, y compris le vol de biens personnels, le harcèlement d’étudiants marocains et des agressions physiques contre des personnes portant le maillot de l’équipe nationale un jour avant le match final, sont devenues virales. Après que l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala a accordé un penalty au Maroc dans les dernières minutes, certains quartiers ont été le théâtre d’émeutes visant des cafés marocains et des maisons habitées par des Marocains.
L’incitation a atteint son paroxysme après l’arrestation par les autorités marocaines de 17 Sénégalais impliqués dans des émeutes et des actes de vandalisme à l’intérieur du stade. Ces arrestations au Sénégal ont servi de prétexte à des appels publics à « se venger » et à « s’en prendre aux Marocains » présents sur place, et certaines publications sont même allées jusqu’à appeler explicitement à la violence et à l’assassinat.
Les médias sénégalais contribuent à alimenter la situation
Certains médias sénégalais ont contribué à l’escalade des tensions en publiant de fausses nouvelles selon lesquelles un citoyen sénégalais aurait été tué dans la ville de Salé à l’aide d’une arme blanche. La Direction Générale de la Sûreté Nationale Marocaine a démenti cette allégation dans un communiqué officiel, confirmant que les enquêtes n’ont pas enregistré de meurtre ou d’agression mortelle à l’encontre d’un citoyen sénégalais.
Demande la protection de la communauté marocaine
La Coalition des médecins marocains au Sénégal et l’Association des étudiants marocains ont publié une déclaration commune appelant les autorités sénégalaises à fournir la protection nécessaire aux citoyens marocains résidant sur son territoire, soulignant que le sport – en particulier le football – doit rester un outil de rapprochement et de fraternité entre les peuples, et ne peut être utilisé pour justifier toute forme de violence ou de haine.
Les témoignages reçus par Hespress confirment que certains étudiants marocains ont été assignés à résidence et soumis à un couvre-feu de facto dans certains quartiers de Dakar, dans un contexte d’intimidation et de peur persistantes.
Une analyse rapide de la situation Ce qui se passe au Sénégal est plus qu’une simple réaction émotionnelle à la défaite d’une équipe ou à une frustration sportive. Il reflète la montée d’un discours de haine systématique qui exploite les plateformes de communication pour faire du sport un prétexte à la violence et à l’incitation. Le silence relatif des autorités sénégalaises jusqu’à présent soulève des questions quant à leur sérieux dans la protection de la communauté marocaine, d’autant plus que le Maroc accueille chaque année des milliers d’étudiants sénégalais sans discrimination ni harcèlement.
Le véritable danger ne réside pas seulement dans les attaques directes, mais aussi dans la normalisation des discours de haine qui pourraient se transformer en violence organisée si les autorités n’interviennent pas rapidement et de manière décisive. Le sport, autrefois symbole d’unité, est devenu dans ce cas un facteur de division et d’hostilité.