Lundi, la princesse Lalla Asma, aux côtés de la première dame rwandaise Janet Kagame, a présidé au lancement de la cinquième phase du programme « Unis, nous entendons mieux » au Rwanda, ainsi qu’à l’inauguration du premier centre de diagnostic et de rééducation auditive du pays.
L’hôpital militaire de référence et d’enseignement de la capitale, Kigali, a accueilli les cérémonies de lancement et d’inauguration. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par la Fondation Lalla Asma pour étendre la prise en charge des enfants souffrant de troubles auditifs et pour renforcer la coopération médicale entre le Maroc et ses pays partenaires africains.
Avec l’adhésion du Rwanda, le nombre de pays bénéficiant du programme s’élève désormais à 23, après avoir pris en charge près de 500 patients en Afrique, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Amérique latine. Ce programme constitue le prolongement international du programme national « Nous entendons » et s’inscrit dans la vision africaine du roi Mohammed VI, fondée sur la coopération Sud-Sud, l’échange d’expériences et le soutien au développement commun entre pays frères et amis.
Un centre intégré de diagnostic et de rééducation à Kigali
Ce nouveau centre, offert par la princesse et la Fondation Lalla Asma, et dont l’équipement a été pris en charge par la Fondation, est le premier du genre au Rwanda. Ses services ont été conçus selon un parcours intégré, allant de l’examen initial aux phases de rééducation et de suivi, et il est doté d’équipements médicaux spécialisés répondant aux besoins des différentes étapes du diagnostic et de la prise en charge.
Le centre accueille des médecins spécialisés en oto-rhino-laryngologie, des audiologistes, des orthophonistes et des psychologues. Il dispose également d’une salle insonorisée, d’appareils d’audiométrie et d’équipements pour l’examen auditif des nourrissons, ainsi que des stations de réglage des implants cochléaires et des appareils auditifs, ce qui permet de réaliser les examens nécessaires et d’assurer le suivi des patients après les interventions médicales.
Le diagnostic précoce revêt une importance particulière, car le centre permettra d’examiner les enfants dès les premiers mois de leur vie, une période décisive pour l’acquisition du langage et le développement des capacités de communication. Il assurera également le suivi des enfants ayant bénéficié d’un implant cochléaire tout au long des phases de rééducation auditive et linguistique.
Dans ce cadre, les équipes médicales rwandaises ont bénéficié d’une formation spécialisée à l’utilisation des nouveaux équipements, afin que les professionnels locaux puissent assurer le fonctionnement du centre de manière autonome. Ainsi, la coopération ne se limite pas à la fourniture d’équipements médicaux, mais s’étend au transfert d’expertise et au renforcement des capacités des équipes rwandaises.
50 implantations cochléaires et 56 appareils auditifs
La cinquième phase prévoit la réalisation d’implants cochléaires au profit de 50 patients rwandais, tandis que 56 autres patients bénéficieront d’appareils auditifs dans le cadre des interventions programmées au titre de cette mission médicale et humanitaire.
Ces interventions sont menées en partenariat entre les équipes chirurgicales spécialisées mobilisées par la Fondation Lalla Asma et leurs homologues rwandaises, avec la participation de médecins des deux pays à différentes étapes de la prise en charge, ainsi que de médecins résidents en cours de formation.
La collaboration commence par la préparation des patients à l’opération, puis s’étend à l’intervention chirurgicale et aux examens médicaux qui l’accompagnent, notamment des contrôles effectués pendant l’opération pour vérifier que l’implant cochléaire fonctionne correctement.
Cette collaboration vise à développer les compétences des équipes médicales rwandaises et à renforcer la pérennité des résultats de la mission, afin que son impact se poursuive après la fin des interventions directes. Les bénéfices ne se limitent pas au traitement des patients actuellement pris en charge, mais englobent également le renforcement de l’expertise locale en chirurgie de l’oreille et en rééducation auditive, le programme combinant ainsi la prise en charge thérapeutique et le transfert de connaissances médicales aux équipes partenaires.
Comment l’implant cochléaire aide-t-il à retrouver l’audition ?
L’implant cochléaire s’adresse aux personnes souffrant d’une perte auditive sévère à profonde, pour laquelle les appareils auditifs traditionnels n’apportent pas une amélioration suffisante. Cette technique se distingue de ces appareils en ce qu’elle stimule directement le nerf auditif à l’aide d’électrodes.
L’implant se compose d’une partie interne placée sous la peau derrière l’oreille et d’un processeur externe qui capte les sons et les code, avant que le système ne transmette les signaux nécessaires à la stimulation du nerf auditif.
Les étapes du traitement ne s’arrêtent pas à l’intervention chirurgicale : l’appareil est activé après quelques semaines, puis fait l’objet d’ajustements réguliers en fonction des besoins et de la réponse du patient. Parallèlement, le bénéficiaire a besoin d’une rééducation à long terme dans les domaines de l’audition et de l’orthophonie, qui l’aide à développer progressivement sa capacité à percevoir et à comprendre la parole.
Ces étapes soulignent l’importance de proposer des services intégrés alliant diagnostic précoce, intervention chirurgicale et rééducation, un rôle que joue le nouveau centre au Rwanda en tant que structure médicale accompagnant les patients tout au long des différentes étapes du traitement.
Coopération Sud-Sud et élargissement de la prise en charge
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme « Unis, nous entendons mieux », qui transpose l’expérience de la Fondation Lalla Asma vers des pays partenaires hors du Maroc. Avec l’adhésion du Rwanda, le nombre de pays participant au programme s’élève désormais à 23, en Afrique et dans d’autres régions.
Ce programme reflète une approche qui allie interventions médicales, partage d’expériences et formation des cadres locaux, et vise à renforcer la capacité des établissements de santé partenaires à poursuivre la prise en charge des patients une fois les interventions médicales terminées.
Dans ce cadre, la participation des équipes rwandaises revêt une importance équivalente à celle des interventions chirurgicales et de la fourniture d’équipements, car elle permet aux cadres locaux d’acquérir une expérience pratique aux différentes étapes du diagnostic, du traitement et du suivi.
Ainsi, la cinquième phase combine l’élargissement de l’accès aux soins auditifs, la mise en place d’une structure spécialisée et le renforcement des capacités des équipes médicales rwandaises, tout en consolidant la coopération sanitaire entre le Maroc et le Rwanda dans le cadre d’un partenariat au service des patients et visant à améliorer leurs chances de prise en charge.
