La cérémonie du Ballon d’Or 2026 aura lieu le lundi 26 octobre au soir à Londres. La liste des nominés pour ce prix comprend deux grands noms africains : le Marocain Achraf Hakimi et le Sénégalais Sadio Mané. Le duo participe à une édition où la concurrence s’annonce rude face à l’élite mondiale du football.
Hakimi avait terminé sixième au classement de l’édition 2025, ce qui prouve qu’un joueur du continent africain peut se hisser parmi les meilleurs. Mais le simple fait de figurer sur la liste officielle ne signifie pas nécessairement que l’on se rapproche de la tête du classement, car l’évaluation repose sur une saison solide avec le club et en sélection nationale, ainsi que sur un impact manifeste lors des grands matchs.
La saison d’Hakimi : entre éclat et absences
Le défenseur marocain a été l’une des figures de proue africaines de la saison 2024-2025, grâce à ses performances avec le Paris Saint-Germain et à ses contributions tant en attaque qu’en défense, ce qui lui a valu de remporter le Ballon d’or africain cette année-là. Cependant, les blessures ont pesé sur la saison 2025-2026 : les statistiques relatives aux blessures indiquent qu’il a manqué 22 matchs au cours de deux périodes distinctes, la première en raison d’un problème à la cheville en novembre et la seconde à cause d’une blessure musculaire au printemps.
Ces absences ont affecté sa préparation à un certain stade de la saison et l’ont contraint à retrouver progressivement son rythme, sans pour autant compromettre l’ensemble de sa saison, car il est resté présent avec son club et la sélection marocaine lors d’étapes importantes. Lors de la Coupe du monde 2026, Hakimi a disputé les six matches du Maroc, marquant un but et délivrant deux passes décisives, avant que l’équipe ne soit éliminée en quarts de finale face à la France sur un score de 2-0.
L’évaluation des défenseurs reste plus difficile que celle des joueurs qui font la différence en marquant des buts, car le vote est influencé par leur impact lors des moments décisifs, par les performances collectives et par leur régularité tout au long de la saison.
Les titres ne suffisent pas à eux seuls à faire pencher la balance
Le classement de l’édition 2025 a montré que les joueurs africains sont capables d’atteindre les premières places lorsqu’ils allient performances individuelles et succès collectifs, Mohamed Salah s’est ainsi classé quatrième et Hakimi sixième, dans une édition remportée par le Français Ousmane Dembélé, joueur du Paris Saint-Germain. Mais pour réitérer cet exploit, il faudra une nouvelle saison exceptionnelle, car remporter la Ligue des champions ou le championnat national donne un élan important, mais ne garantit pas à lui seul une place en tête du classement.
La liste de 2026 comprend des noms de poids, parmi lesquels Lamine Yamal, Kylian Mbappé, Harry Kane, Erling Haaland et Michael Olis, ainsi que d’autres joueurs qui ont réalisé de solides performances avec leurs clubs. Compte tenu de cette concurrence, il est difficile d’envisager d’emblée l’exclusion de Hakimi, dont le nom figure sur la liste officielle ; de plus, le classement final n’est pas déterminé avant l’annonce des résultats, ce qui fait que les prévisions concernant sa place relèvent de la conjecture et non d’une certitude.
La Coupe d’Afrique des Nations et la Coupe du monde n’ont pas scellé l’issue de la course
La Coupe d’Afrique des Nations aurait pu donner un coup de pouce supplémentaire à l’un des joueurs africains, mais briller lors du tournoi continental ne suffit pas à lui seul lorsque la concurrence mondiale est rude. Mané a remporté le titre de meilleur joueur de la Coupe d’Afrique des nations 2025, ce qui a renforcé sa présence dans le débat, mais il évolue au Al-Nassr saoudien, c’est-à-dire loin des grands championnats européens qui bénéficient généralement d’une large couverture médiatique dans la course aux récompenses individuelles.
Quant à Hakimi, il a participé à la Coupe du monde avec la sélection marocaine et a apporté sa contribution en attaque, mais la réussite collective de l’équipe ne se traduit pas automatiquement par un avantage lors d’un vote individuel. La question de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 reste d’actualité, après que la commission d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) a décidé de considérer le Sénégal comme vaincu par forfait et d’attribuer au Maroc une victoire par trois buts à zéro, une décision contre laquelle la Fédération sénégalaise a fait appel devant le Tribunal arbitral du sport, dont le jugement complet est attendu fin novembre 2026.
Une nouvelle génération en quête de sa place
La difficulté de la compétition ne tient pas uniquement à la saison de Hakimi ou à la position de Mané, mais est également liée à une phase de transition entre deux générations. Mohamed Salah, Sadio Mané et Riyad Mahrez ont porté pendant des années les ambitions du football africain dans les plus grandes compétitions européennes, mais leur carrière touche progressivement à sa fin, tandis que de jeunes talents commencent à s’imposer sur les terrains européens sans disposer encore d’un palmarès individuel et collectif suffisant pour rivaliser avec les meilleurs joueurs du monde.
Le Marocain Ayoub Bouadi figure parmi les candidats au titre de meilleur jeune joueur de l’année 2026, aux côtés de l’Ivoirien Yann Diomandi et de l’Algérien Ibrahim Mazza. Ces nominations confirment l’existence de talents prometteurs, mais ne signifient pas pour autant que leurs détenteurs soient déjà en lice pour le titre suprême. Ces joueurs ont besoin de régularité, de participer à de grands tournois et de remporter des titres, ainsi que d’un parcours stable au sein de clubs capables de rivaliser au plus haut niveau, car le transfert vers un grand club n’est pas à lui seul un indicateur suffisant.
Les prix 2026 offrent d’autres signes de la présence africaine, puisque Yassine Bounou est en lice pour le titre de meilleur gardien de but, et plusieurs joueurs africains figurent dans les catégories des jeunes talents, une présence dans diverses catégories qui diffère de la compétition directe pour le Ballon d’or masculin. À l’approche de l’annonce des résultats à Londres, Hakimi reste le nom marocain le plus en vue sur la liste, tandis que Mané représente le Sénégal, Quant à l’absence certaine d’un Africain dans le top 10, elle est anticipée avant même les résultats définitifs, malgré la difficulté de la compétition et le recul de certains noms par rapport à la saison dernière.
