Le prix au kilo de certains fruits d’automne, parmi lesquels la grenade et la mandarine, a atteint dix dirhams, voire plus, dans les centres commerciaux de plusieurs régions du Maroc, alors que le prix moyen sur les marchés de gros ne dépasse pas cinq dirhams, selon des données officielles.
Cet écart, qui peut atteindre 100 %, met en évidence l’ampleur du fossé entre le coût de production et le prix de vente au détail, et soulève des questions quant aux marges bénéficiaires et à l’efficacité des mécanismes de contrôle et de régulation des marchés.
Face à ces déséquilibres, le gouvernement marocain actuel s’est engagé à réformer les marchés et à lutter contre le courtage opportuniste, en réexaminant les circuits de commercialisation et l’influence des intermédiaires sur les prix de vente.
Réglementation au sein des marchés de gros
Abdelrazak Chabi, président de l’Association du marché de gros des fruits et légumes de Casablanca, a affirmé que « les prix des fruits de saison sur les marchés de gros sont soumis à des contrôles et à des critères bien définis, ces prix variant en fonction de la qualité, de la taille et de l’origine géographique des produits ».
M. Chabi a précisé que le prix de la grenade oscille actuellement sur le marché de gros entre deux dirhams et demi et cinq dirhams au maximum pour les variétés les plus nobles, estimant que ces prix sont raisonnables compte tenu de l’ampleur des défis actuels, mais il a noté que le prix double chez le consommateur.
Il a ajouté que « le véritable problème dont souffre le citoyen se situe en dehors des murs des marchés de gros et non à l’intérieur, où les produits sont vendus au grand public à des prix plusieurs fois supérieurs à leur prix d’origine, atteignant ainsi des niveaux exorbitants ».
Le responsable professionnel a établi un lien entre le recul du rôle de contrôle des autorités compétentes et l’amplification des manipulations des marges bénéficiaires au détriment du consommateur, appelant à « la nécessité de revoir la loi sur la libéralisation des prix, et de mettre en place une collaboration avec les professionnels afin d’élaborer une législation et des mécanismes de contrôle stricts garantissant la protection du pouvoir d’achat des citoyens et assurant l’équilibre du marché ».
Il a souligné que les intermédiaires réalisent d’importantes marges bénéficiaires, tandis que les agriculteurs continuent de subir les déséquilibres du marché, puisqu’ils ne vendent pas leurs produits à des prix couvrant les pertes présumées, alors que les intrants agricoles, notamment les engrais et la main-d’œuvre pour la récolte, ne cessent d’augmenter.
Baisse des quantités commercialisées
Une source professionnelle du marché de gros des fruits et légumes de la ville d’Inezgane a indiqué que les quantités de fruits d’automne commercialisées cette année ont enregistré une baisse par rapport aux années précédentes, dans l’attente de voir comment la situation évoluera au cours des prochaines semaines.
Ce même source a précisé que « la production d’agrumes au Maroc n’est plus ce qu’elle était les années précédentes », soulignant que les superficies cultivées ont reculé dans plusieurs régions en raison de plusieurs années consécutives de sécheresse.
Il a souligné que « la différence de prix entre les marchés de gros et les marchés de détail constitue un problème notable qui nécessite des solutions concrètes ».
