Fouzi Lakjaâ, ministre délégué chargé du Budget, président de la Fédération royale marocaine de football et membre du bureau politique du Parti de l'authenticité et de la modernité, a exposé sa vision sur plusieurs dossiers liés à la Coupe du monde 2030, la scène politique marocaine, le différend avec le Sénégal, ainsi que sa relation avec le président de la Fédération internationale de football (FIFA), Gianni Infantino.
Dans un entretien accordé au magazine « Jeune Afrique », Lakjaâ a affirmé que la Coupe du monde 2030 ne serait pas seulement un événement sportif, mais le point d’orgue d’un parcours de développement s’étendant sur plus de deux décennies, ainsi qu’une occasion d’accélérer la réalisation d’un certain nombre de grands projets.
Il a précisé que les projets de train à grande vitesse, d'autoroutes et d'aéroports étaient déjà prévus avant la candidature à la Coupe du monde, mais que l'organisation de la compétition permettrait d'accélérer le rythme des travaux et de raccourcir les délais de réalisation de certains chantiers.
M. Laqja estime que la Coupe du monde peut devenir un levier de croissance, de création d’emplois et d’insertion des jeunes, grâce à la formation, au renforcement des compétences et au soutien aux entreprises, notamment pour les jeunes marocains et africains.
Il a également souligné que la dimension africaine de la Coupe du monde va au-delà de l’organisation des matchs, pour englober la création d’opportunités économiques et le développement des start-ups ainsi que des petites et moyennes entreprises.
Le Maroc reste déterminé à défendre son droit à accueillir la finale de la Coupe du monde
Concernant la finale de la Coupe du monde 2030, M. Laqjaâ a affirmé que le Maroc continuera à défendre son droit à accueillir la finale, en tant que représentant du continent africain dans le cadre de l’organisation conjointe avec l’Espagne et le Portugal.
Il a précisé que le Royaume s’engageait à respecter les procédures de la Fédération internationale de football (FIFA) relatives à la répartition des matchs et des installations, dans l’attente des décisions finales.
Il a estimé que l’organisation conjointe devait refléter une logique d’intégration entre l’Afrique et l’Europe ainsi qu’entre les deux rives de la Méditerranée, en accord avec la nature du projet commun aux trois pays.
Lakjaâ : la présidence du gouvernement n’est pas un objectif personnel
Sur le plan politique, Lakjaâ a nié que la présidence du gouvernement fasse partie de ses ambitions personnelles au cas où le Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM) remporterait les élections du 23 septembre.
Il a souligné que la priorité actuelle consistait à mobiliser le parti et à œuvrer pour obtenir le meilleur résultat possible, précisant que la période postélectorale resterait liée aux prérogatives constitutionnelles et au paysage politique qui se dégagera des urnes.
Il a ajouté que le pouvoir n’était pas pour lui un objectif personnel, se déclarant prêt à servir le roi et le pays dans toute fonction qui lui serait confiée.
Il a également défendu son bilan au ministère du Budget, évoquant les réformes fiscales et le renforcement des ressources de l’État, et soulignant que cette même approche guide sa gestion des dossiers gouvernementaux et sportifs.
Concilier politique et football… Lakjaa clarifie sa position
Lakjaâ est revenu sur la polémique liée à la conciliation entre l’activité politique et les responsabilités footballistiques, estimant que les règles sportives interdisent l’ingérence politique dans les décisions techniques, mais n’empêchent pas un responsable sportif d’exercer une activité politique.
Il a précisé que les décisions relatives à la nomination des arbitres, à la programmation des matchs ou à l’influence sur les résultats doivent rester à l’écart de la politique, tandis que l’organisation d’un événement de l’envergure de la Coupe du monde impose une coordination entre la décision politique et la gestion sportive.
Il a insisté sur la nécessité de préserver l’indépendance des décisions footballistiques, parallèlement à la coordination institutionnelle requise pour assurer le succès des grands projets liés à la Coupe du monde.
Lakjaa réaffirme la position du Maroc dans le dossier du Sénégal
En ce qui concerne le différend avec le Sénégal au sujet de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, Laqjaâ a réaffirmé que la Fédération royale marocaine de football (FRMF) restait fidèle à la position qu’elle défend devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).
Il a estimé que le départ du terrain et l’interruption prolongée du match étaient contraires aux règles de la compétition et au fair-play, soulignant que la Fédération poursuivrait la procédure judiciaire jusqu’à son terme.
Il a précisé que l’audience du 8 octobre devant le Tribunal arbitral du sport n’impliquera pas nécessairement que la décision finale soit rendue le jour même, car le dossier pourrait nécessiter des étapes supplémentaires avant d’aboutir à une décision définitive.
Lakjaâ s’est dit confiant que la décision finale serait conforme à l’interprétation juridique défendue par la partie marocaine.
Les relations avec Infantino et la gouvernance de la FIFA
Concernant ses relations avec le président de la Fédération internationale de football (FIFA), Gianni Infantino, M. Laqjaâ a précisé que son soutien ne portait pas uniquement sur la personne, mais s’inscrivait dans une vision plus large de l’avenir de l’institution et de sa gouvernance.
Il a appelé à renforcer les mécanismes d’équilibre et de contrôle au sein de la « FIFA », mettant en garde contre les risques liés à l’absence de contre-pouvoirs dans tout système de gestion.
Il a souligné que les personnes à la tête de la Fédération internationale pouvaient changer, mais que l’institution devait préserver sa stabilité et moderniser ses méthodes de travail afin de s’adapter aux transformations que connaît le football mondial.
Ainsi, Lakjaa a établi un lien entre les ambitions du Maroc pour la Coupe du monde 2030 et sa vision du développement et de la gouvernance sportives, tout en soulignant qu’il continuerait à s’impliquer dans les dossiers politiques et sportifs conformément aux responsabilités qui lui ont été confiées.
