Au moins 95 personnes ont trouvé la mort mercredi 26 août à la suite d'un violent glissement de terrain et d'inondations dévastatrices qui ont frappé la région frontalière entre le Népal et le Tibet, tandis que des centaines de personnes sont toujours portées disparues, selon le bureau du Premier ministre népalais.
Les régions montagneuses de Rasuwa et de Nuwakot ont été parmi les plus touchées, après qu’un torrent de boue, de glace et de rochers s’est abattu sur plusieurs villages, détruisant des habitations, des routes et des centrales hydroélectriques, ce qui a entraîné des coupures d’électricité dans de vastes zones.
Selon les données officielles, 85 membres des forces de sécurité sont toujours portés disparus, dont 44 militaires, 28 policiers et 13 membres des forces de police armées, ainsi qu’environ 60 ouvriers travaillant sur des chantiers hydroélectriques.
La situation des touristes étrangers suscite une inquiétude particulière, le cabinet du Premier ministre ayant indiqué que le contact était toujours rompu avec 391 touristes étrangers et 93 touristes népalais.
La région se trouve sur l’un des itinéraires menant au mont Kailash, au Tibet, un lieu sacré pour les hindous qui attire chaque année des centaines de pèlerins, notamment en provenance d’Inde.
L’agence Reuters a rapporté les propos d’un survivant, Kishav Prasad Paral, 68 ans, qui a déclaré avoir tenté de sauver sa femme lorsque le torrent a emporté leur maison, mais qu’elle avait disparu sous des couches de boue, avant que les équipes de secours ne parviennent à l’évacuer par hélicoptère plusieurs heures plus tard.
D’après les premières informations, la catastrophe pourrait être liée à un séisme d’une magnitude de 4,4 qui s’est produit quelques minutes avant les inondations.
Des scientifiques du Centre international pour le développement intégré des régions montagneuses, à Katmandou, estiment que la secousse a probablement provoqué un glissement de neige qui a temporairement obstrué le cours de la rivière Bhoti Koshi, avant que le barrage ne cède et que le niveau de l'eau ne monte brusquement dans les zones situées en aval.
Le côté chinois de la frontière a également été touché : selon la chaîne officielle CCTV, au moins trois personnes ont perdu la vie et 265 autres sont portées disparues dans le préfecture de Gyirong, dans la région autonome du Tibet.
Les routes menant au poste-frontière ont également été endommagées, tandis que les communications avec la région restent limitées, ce qui complique encore davantage les opérations de recherche et de sauvetage.
En Inde, les autorités des États de l’Uttar Pradesh et du Bihar ont relevé le niveau d’alerte et ont lancé des opérations d’évacuation des populations vivant à proximité des cours d’eau, craignant que la vague d’inondations ne s’étende à leurs territoires.
