La Commission nationale des étudiants en médecine, en dentisterie et en pharmacie a critiqué la persistance de ce qu'elle a qualifié d'« opacité » entourant la gestion de la phase de transition de la réforme de la formation médicale et pharmaceutique, et a demandé au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation de fournir des précisions sur la manière dont cette réforme sera mise en œuvre concrètement.
Dans un communiqué, la commission a précisé que le passage de sept à six ans dans la formation des médecins, ainsi que la réduction de la durée des stages hospitaliers externes de trois à deux ans, soulève des interrogations quant à la qualité de la formation et aux compétences que les étudiants acquerront, notamment compte tenu des infrastructures universitaires et hospitalières limitées disponibles.
La commission a noté que les difficultés s’aggravent avec le chevauchement des promotions de 2023 et 2024 dans les parcours de formation et de stage, soulignant que les étudiants de la promotion 2023 sont toujours confrontés à une grande incertitude concernant la phase de transition, et des modules qu’ils pourraient être amenés à rattraper ou à repasser.
Elle a demandé aux conseils locaux des facultés de médecine, de médecine dentaire et de pharmacie de se coordonner avec les doyens des établissements universitaires et d’organiser des réunions d’urgence, afin de mettre en place des mécanismes clairs et harmonisés pour traiter les dossiers en suspens.
La commission a souligné que la responsabilité de la gestion de cette phase ne devait pas incomber aux seuls étudiants, appelant à des décisions institutionnelles garantissant la clarté des parcours et évitant toute disparité entre les facultés.
En ce qui concerne la formation des étudiants en médecine dentaire et en pharmacie, la commission a mis en garde contre l’impact de l’augmentation constante du nombre d’étudiants sur la qualité de la formation, alors que cette évolution ne s’accompagne pas d’un élargissement suffisant des infrastructures, des équipements et des installations de formation.
Elle a également attiré l’attention sur la persistance d’un certain nombre de dysfonctionnements dans les infrastructures hospitalières, notamment l’absence de centres hospitaliers spécialisés dans certaines facultés de médecine dentaire et le blocage, depuis des années, de la création d’autres infrastructures.
La commission a insisté sur le fait que la formation médicale et pharmaceutique ne peut se limiter à la seule dimension théorique, soulignant la nécessité d’offrir une formation clinique et pratique permettant aux étudiants d’acquérir les compétences indispensables avant leur entrée sur le marché du travail et l’exercice de leur profession.
La commission a également abordé les allégations relatives à des fuites concernant le concours commun d’admission aux facultés de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire publiques, tout en précisant qu’elle ne préjugeait pas des résultats d’une éventuelle enquête ; elle a toutefois exigé que la vérité soit faite sur ces allégations et que l’intégrité et la transparence du concours soient garanties.
La commission a appelé le ministère de l’Enseignement supérieur à organiser d’urgence une réunion avec elle afin de clarifier les modalités de la phase de transition, de régulariser la situation des étudiants et de garantir l’égalité des chances ainsi que la qualité de la formation.
Elle a conclu en soulignant que l’avenir de la formation médicale et pharmaceutique ne peut tolérer que le flou persiste, et que le traitement des dossiers en suspens nécessite des décisions claires et des mécanismes concrets qui tiennent compte de l’intérêt des étudiants et de la qualité de la formation des futurs médecins, pharmaciens et dentistes.
