Les cours du pétrole ont augmenté ce vendredi après que les États-Unis ont menacé de maintenir indéfiniment le blocus maritime contre l'Iran, ce qui a ravivé les craintes concernant la perturbation de l'approvisionnement en brut, alors que les cours avaient reculé lors de la séance précédente en raison de la hausse des stocks américains et des prévisions d'un affaiblissement de la demande mondiale.
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 90 cents, soit 1,03 %, pour atteindre 87,97 dollars le baril à 06 h 53 GMT, tandis que les contrats à terme sur le brut WTI américain ont progressé de 91 cents pour s’établir à 82,16 dollars le baril.
Les deux types de brut sont en passe d’enregistrer des gains hebdomadaires d’environ 4 %, bien qu’ils aient reculé de plus de 2 % lors de la séance précédente, ce qui a partiellement effacé les gains réalisés après six séances consécutives de hausse pour le Brent et cinq pour le brut américain.
Susan Bell, vice-présidente senior chargée des marchés pétroliers chez Rystad Energy, a déclaré que les données négatives concernant les stocks de brut n’avaient pas suffi à entraîner une baisse plus importante des prix, en raison de l’influence toujours forte des tensions géopolitiques.
Jeudi, les États-Unis avaient annoncé qu’ils étaient en mesure de maintenir le blocus maritime imposé à l’Iran pour une durée indéterminée, tout en laissant entendre qu’ils allaient intensifier les pressions économiques alors que les négociations de cessez-le-feu piétinaient.
Le ministre américain du Trésor, Scott Bessent, a déclaré lors d’une interview télévisée que Washington s’apprêtait à dévoiler de nouvelles mesures la semaine prochaine, soulignant qu’elles incluraient des mesures sans précédent en termes d’intensité de l’isolement économique.
Ces développements interviennent alors que l’Iran continue d’imposer des restrictions à la navigation dans le détroit d’Ormuz, par lequel transitaient environ 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole avant le déclenchement du conflit.
L’agence semi-officielle « Fars » a rapporté les propos de Hossein Taeb, le commandant récemment nommé des forces Basij iraniennes, selon lesquels le détroit « est sous la gestion et le contrôle de la République islamique ».
En revanche, d’autres facteurs ont freiné la hausse des prix, après que l’OPEP et l’Agence internationale de l’énergie ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance de la demande de pétrole, tandis que les données américaines ont révélé la plus forte augmentation hebdomadaire des stocks de brut depuis plus de trois ans et demi.
Les inquiétudes régionales se sont également accrues après que l’agence de presse des Émirats arabes unis a rapporté que deux pétroliers appartenant à la compagnie nationale de pétrole d’Abu Dhabi (ADNOC) avaient été attaqués alors qu’ils traversaient le détroit d’Ormuz jeudi soir, tandis que le gouvernement émirati a condamné ce qu’il a qualifié d’« attaque agressive de l’Iran ».
Les marchés pétroliers restent sous la pression de deux facteurs contradictoires : d’une part, le risque d’une baisse de l’offre en raison de la persistance des tensions dans le Golfe, et d’autre part, les signes d’un affaiblissement de la demande et la hausse des stocks américains.
