Les cours du blé européen ont reculé jeudi 23 juillet 2026, les opérateurs ayant pris en compte la décision du Maroc de prolonger les droits de douane imposés sur les importations de blé tendre, tout en restant attentifs aux risques pesant sur les exportations dans la région de la mer Noire.
Les contrats à terme sur le blé panifiable à livraison en décembre sur la bourse « Euronext » ont clôturé la séance en baisse de 0,8 %, s’établissant à 242,5 euros la tonne, soit l’équivalent d’environ 275,84 dollars. Les cours avaient atteint, en début de séance, 245,75 euros la tonne.
Ce recul fait suite à l’annonce du maintien d’un droit de douane sur les importations de blé tendre au Maroc jusqu’au 31 août 2026, une mesure visant à limiter les importations et à donner la priorité à la commercialisation de la production locale.
Les autorités marocaines avaient imposé un droit de douane de 170 % sur les importations de blé tendre, pendant la période allant du 1er juin à la fin juillet, avant de prolonger cette mesure d’un mois supplémentaire.
Des responsables du secteur céréalier ont expliqué que cette décision de prolongation était liée à la lenteur de la récolte locale, le Maroc prévoyant une hausse de la production céréalière pour la saison en cours à environ neuf millions de tonnes, soit près du double de la récolte de la saison précédente.
Toutefois, la quantité récoltée à ce jour n’a pas dépassé environ 500 000 tonnes, alors que l’objectif était d’atteindre au moins 1,5 million de tonnes d’ici la fin juillet. Un certain nombre d’agriculteurs conservent une partie de leur production, tandis que la récolte a également été affectée par le manque de main-d’œuvre, la vétusté des équipements et la persistance des pluies pendant une longue période.
Les professionnels ont averti que la persistance des retards dans la récolte, conjuguée à l’absence de reprise des subventions à l’importation de blé, pourrait entraîner des tensions sur l’approvisionnement au cours des prochains mois, notamment en raison de la hausse des prix sur les marchés internationaux.
Les stocks actuels du Maroc couvrent les besoins du pays pour une durée pouvant aller jusqu’à trois mois, tandis que les négociants attendent une décision gouvernementale concernant le soutien aux importations, ce qui leur permettrait de garantir les livraisons nécessaires pour le mois de septembre.
Sur les marchés européens, les opérateurs ont également suivi l’évolution de la guerre dans la région de la mer Noire, après l’annonce par l’Ukraine que certains armateurs avaient temporairement cessé de se rendre dans les ports destinés à l’exportation de produits agricoles, en raison de l’intensification des attaques contre les ports et les navires marchands.
Des craintes ont également régné quant à la réticence de certaines compagnies maritimes à envoyer des navires de fret vers des ports russes, dont Novorossiisk ; toutefois, la poursuite normale des opérations de chargement a contribué à apaiser partiellement le marché.
Selon les estimations des opérateurs, les quantités de blé russe et ukrainien susceptibles d’être affectées au cours des premières phases pourraient se situer entre quatre et six millions de tonnes, à un moment crucial pour la commercialisation de la nouvelle récolte au cours des mois de juillet, août et septembre.
