Les prix du pétrole ont continué à augmenter lundi, alors que les efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre israélo-américaine contre l’Iran ont échoué et que l’on craint que les tensions dans la région du Golfe ne s’aggravent après de nouvelles attaques contre des installations vitales.
À 07:03 GMT, les contrats à terme sur le pétrole Brent étaient en hausse de 1,65 $, soit 1,51 pour cent, à 110,91 $ le baril, après avoir atteint 112 $, le niveau le plus élevé depuis le 5 mai.
Le brut américain West Texas Intermediate a atteint 107,42 dollars le baril, soit une hausse de 2 dollars ou 1,9 %, après avoir atteint 108,70 dollars, son niveau le plus élevé depuis le 30 avril.
Les deux bruts avaient enregistré des gains de plus de 7 % au cours de la semaine dernière, alors que les espoirs d’un accord de paix visant à limiter les attaques de navires et les saisies dans le détroit d’Ormuz, l’une des voies maritimes les plus importantes pour l’approvisionnement mondial en énergie, s’amenuisaient.
L’escalade est survenue après que les discussions du président américain Donald Trump avec son homologue chinois Xi Jinping se sont terminées sans signes clairs d’une intervention de Pékin, le plus grand importateur de pétrole au monde, pour aider à mettre fin au conflit.
Les inquiétudes ont été renforcées après les attaques de drones contre les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, associées aux déclarations belliqueuses de Washington et de Téhéran, ce qui laisse entrevoir la possibilité d’une confrontation plus large dans la région.
Tony Sycamore, analyste de marché chez IG, a déclaré que les attaques de drones constituaient un « avertissement clair » que toute nouvelle frappe américaine ou israélienne sur l’Iran pourrait faire l’objet de réponses indirectes ciblant les installations énergétiques et les infrastructures essentielles dans le Golfe.
Aux Émirats arabes unis, des responsables ont annoncé l’ouverture d’une enquête pour déterminer l’origine de l’attaque contre la centrale nucléaire de Barakah, soulignant qu’Abou Dhabi se réservait le droit de répondre à ce qu’ils qualifiaient d' »attaques terroristes ».
De son côté, l’Arabie saoudite a annoncé l’interception de trois drones ayant pénétré dans l’espace aérien irakien, soulignant qu’elle prendra les mesures opérationnelles nécessaires pour contrer toute tentative de viser la souveraineté du Royaume, sa sécurité et celle de ses citoyens et résidents sur son territoire.
Aux États-Unis, Axios a rapporté que Trump tiendra une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité nationale demain, mardi, pour discuter des options militaires potentielles contre l’Iran, ce qui a accentué la nervosité des marchés.
Autre facteur de soutien des prix, l’administration Trump a laissé expirer, après une prolongation d’un mois, une dérogation aux sanctions qui permettait à des pays, dont l’Inde, d’acheter du pétrole maritime russe.
Les marchés de l’énergie restent en état d’alerte, car on craint que toute nouvelle escalade dans le Golfe n’entraîne une perturbation plus importante de l’approvisionnement et ne fasse grimper les prix du pétrole dans les jours à venir.
