Le nombre de migrants ayant rejoint l’île de Lanzarote, dans l’archipel espagnol des Canaries, s’est élevé à 493 personnes en trois jours, après avoir pris la mer à bord de six canots pneumatiques depuis les zones côtières des provinces de Tan-Tan et de Guelmim, dans le sud du Maroc.
Ces migrants, parmi lesquels figuraient des Marocains et des ressortissants de pays d’Afrique subsaharienne, sont arrivés entre jeudi et dimanche, en partant des côtes atlantiques méridionales du Royaume, notamment de la région de Guelmim-Oued Noun.
Trois des canots ont pris la mer depuis la province de Tan-Tan : le premier transportait 123 migrants originaires du Maroc et d’autres pays africains, le deuxième transportait 83 personnes originaires de pays d’Afrique subsaharienne, tandis que le troisième a quitté la zone côtière d’Akfennir en plein jour avec à son bord 60 migrants marocains.
Quant aux trois autres embarcations, elles ont pris la mer depuis la région de Châtel-Blanc, près de Guelmim ; l’une d’entre elles transportait 78 migrants originaires de pays d’Afrique subsaharienne, et une autre 53 Marocains et des personnes originaires de pays d’Afrique subsaharienne.
Le sixième bateau, qui transportait 96 personnes des mêmes nationalités, a été secouru dimanche soir après avoir rencontré des problèmes techniques à environ 50 milles marins de Lanzarote.
Parmi les passagers se trouvaient des femmes et des enfants, dont des mineurs.
Cette recrudescence des tentatives de traversée au large des côtes de Guelmim-Oued Noun a coïncidé avec la nomination d’un nouveau commandant régional de la Gendarmerie royale à Guelmim. Une tendance similaire a été observée sur la côte de la région de Souss-Massa fin septembre, lorsqu’un nouveau commandant de la Gendarmerie a pris ses fonctions et que six tentatives de traversée par des migrants à bord d’embarcations en bois ont été signalées sur la côte au nord d’Agadir.
Les réseaux de trafic modifient leurs méthodes
Les membres des réseaux criminels actifs dans le trafic de migrants et la traite des êtres humains sur les côtes de Souss et de Oued Noun font l’objet de dizaines de mandats d’arrêt nationaux.
Certains suspects, présumés organisateurs des opérations de trafic, ont modifié leurs méthodes en s’appuyant sur des ressortissants d’Afrique subsaharienne pour acheminer les migrants vers les points de départ et piloter les embarcations à travers l’océan Atlantique. Dans de nombreux cas, ces personnes sont arrêtées, puis soit expulsées vers leur pays d’origine, soit placées en détention provisoire pour répondre de chefs d’accusation liés à l’organisation de l’immigration clandestine.
Les organisateurs présumés perçoivent des sommes d’argent auprès des migrants potentiels, soit directement, soit par l’intermédiaire d’intermédiaires et de partenaires. Ces montants varient entre 30 000 et 45 000 dirhams par personne, en fonction du point de départ, du matériel utilisé et d’autres facteurs influant sur le coût du voyage.
Selon ces mêmes données, les revenus générés par ces réseaux ont permis à certains de leurs membres d’amasser d’importantes fortunes, ce qui pourrait contribuer à l’expansion du crime organisé dans la région, tandis que de nombreux organisateurs présumés continuent d’exercer leurs activités sans être interpellés.
À la mi-septembre, la Direction générale de la surveillance du territoire national, en collaboration avec la police de Laâyoune, a arrêté un individu soupçonné d’être l’un des principaux passeurs de migrants, qui faisait l’objet de plus de 40 mandats d’arrêt, dont une trentaine émis par la Gendarmerie royale de Guelmim pour des faits présumés liés à la traite des êtres humains.
