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Le virus responsable du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) continue de faire l’objet d’une vigilance sanitaire internationale, bien qu’il ne soit pas aussi bien connu que le SRAS-CoV-2. Le Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politique et systèmes de santé, a donné une longue conférence scientifique sur le coronavirus, mettant en garde contre le risque élevé qu’il représente malgré sa prévalence relativement faible dans le grand public.
Selon le Dr Hamdy, le virus MERS appartient à la famille des coronavirus, similaire au virus SARS-CoV-2 à l’origine de la pandémie de COVID-19, ainsi qu’au virus responsable du syndrome du SRAS apparu en Asie au début du millénaire. Le MERS a été identifié pour la première fois dans des pays du Moyen-Orient et présente une caractéristique essentielle qui le distingue : Il s’agit d’un virus zoonotique, initialement transmis de l’animal à l’homme, en particulier au chameau.
Risque élevé et taux de mortalité choquant
Selon le Dr Hamdi, le danger du MERS réside dans son taux de létalité très élevé. Il explique que le coronavirus a un taux de mortalité d’environ 35 %, ce qui signifie qu’une personne infectée sur trois peut mourir. « La cause du virus est qu’il provoque des infections respiratoires graves et qu’il attaque directement et violemment le système respiratoire », a-t-il souligné. Le tableau est donc différent de celui d’autres virus respiratoires moins mortels, même s’ils sont plus répandus.
En ce qui concerne les voies de transmission, le médecin explique que l’infection se produit le plus souvent lors d’un contact direct avec des chameaux infectés ou lors de la consommation de leurs produits, tels que le lait ou la viande, sans traitement thermique adéquat ou pasteurisation appropriée. La transmission interhumaine du virus existe, mais elle est généralement limitée et se concentre principalement au sein des familles ou dans les établissements de santé, entre les patients et les soignants ou les contacts dans des espaces clos.
Pas de traitement spécifique ni de vaccin prêt à l’emploi
Au niveau du traitement et de la prévention, le Dr Hamdy note qu’il n’existe pas encore de médicament ou de vaccin spécifique définitivement approuvé contre le MERS. Ces vaccins sont en cours de développement, mais ils apparaissent dans le domaine expérimental. Il souligne que les recherches sur ce virus, qui ont débuté en 2012, ont posé une base scientifique solide sur laquelle les scientifiques se sont ensuite appuyés pour accélérer de manière inédite la mise au point des vaccins contre le COVID-19. « Les informations accumulées sur le coronavirus n’ont pas permis aux scientifiques de gagner un temps précieux pendant la pandémie », a-t-il déclaré.
Cependant, le MERS reste sous l’œil vigilant des autorités sanitaires internationales. Dans un rapport actualisé daté du 21 décembre 2025, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé 19 cas confirmés du coronavirus responsable du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) dans le monde, dont 4 décès, alertant sur la gravité de ce virus respiratoire apparu il y a plus de dix ans et toujours actif dans certains foyers géographiques.
Isolement rapide… Points forts dans la lutte contre le MERS
En l’absence d’un vaccin prêt à l’emploi, la principale stratégie de lutte contre le MERS est l’isolement précoce des cas infectés, afin de briser les chaînes d’infection. Le Dr Hamdy estime que ce point est crucial, car le MERS présente une caractéristique épidémiologique qui peut être exploitée pour contrôler la propagation du virus : L’infection commence après l’apparition des symptômes.
Contrairement à la grippe saisonnière ou au COVID-19, où une personne infectée peut transmettre le virus avant de se rendre compte qu’elle est infectée, les symptômes du MERS apparaissent en premier, ce qui permet théoriquement un diagnostic et un isolement plus rapides. Le spécialiste confirme : « C’est un élément positif, car cela facilite l’endiguement du virus, à condition que les mesures d’isolement soient appliquées immédiatement. »
Dans cette optique, le Dr Hamdy énonce une règle empirique claire pour traiter tout cas suspect : L’isolement immédiat de toute personne présentant des symptômes respiratoires évoquant le MERS, en attendant la réalisation des tests de laboratoire, afin de minimiser le risque de transmission et d’empêcher la formation de nouveaux foyers épidémiologiques. Selon lui, la vigilance reste de mise pour un virus relativement ancien qui, s’il est négligé, peut devenir à tout moment une véritable menace pour la santé publique.