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Le matin du jeudi 5 février 2026, la ville de Mohammedia a été témoin d’un événement historique : La naissance de la première girafe sur le sol marocain à l’intérieur du complexe animalier Dream Village. Le bébé girafe – une femelle – est né après une grossesse de quinze mois et une naissance naturelle qui a duré six heures, sous surveillance vétérinaire et vidéo constante.
La naissance n’était pas seulement un moment d’émotion en voyant un bébé découvrir ses longues jambes quelques heures après sa naissance ; c’était le résultat d’un programme d’élevage à long terme qui a commencé il y a cinq ans et qui a abouti à une population locale de girafes qui compte maintenant huit girafes : Six à Dream Village et deux au zoo d’Ain Sebaa, répartis entre cinq femelles et trois mâles – un équilibre soigneusement étudié pour assurer la pérennité de l’espèce au niveau local.
Une étape stratégique vers l’autosuffisance
Jusqu’à récemment, le Maroc ne recevait que des girafes de l’étranger et la collection était limitée aux mâles. Aujourd’hui, grâce à ce programme, les girafes peuvent naître dans le pays et non plus être importées. « Cette naissance est historique car elle est la première d’un véritable programme d’élevage spécifiquement créé au Maroc », explique Mohamed Meghrafawi, propriétaire et directeur de Dream Village Group. « Nous avons travaillé pendant cinq ans pour arriver à ce résultat.
Les girafes existantes ont été importées conformément à des normes internationales strictes, car le Maroc adhère à la convention CITES, qui interdit l’importation d’animaux prélevés dans la nature ou directement dans les pays africains. Tous les animaux doivent provenir de troupeaux captifs, souvent originaires de pays de l’Union européenne.
Processus d’importation long et compliqué
« Pour obtenir une girafe, il faut s’inscrire sur une très longue liste d’attente internationale », explique M. Meghrafaoui. « Ensuite, des procédures complexes impliquant l’Office national des eaux et forêts et l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) commencent, avant que l’animal ne soit autorisé à entrer. » Dans le cadre de ces lourdes procédures, la production locale de girafes est devenue une solution viable qui réduit la dépendance à l’égard des importations et renforce durablement les capacités nationales.
Une vision plus large pour la conservation des espèces menacées
Il n’y a pas que des girafes. Au Dream Village, d’autres espèces menacées comme les jaguars, les pumas, les lions, les tigres, les ours, les servals et les caracals se reproduisent actuellement. « Beaucoup d’animaux nés ici vivent aujourd’hui à l’état sauvage », souligne Meghrafawi, qui insiste sur le fait que c’est là le message d’un véritable zoo moderne : Contribuer activement à la réintroduction des espèces dans leur habitat naturel.
Au niveau international, le nombre de girafes en captivité dans l’Union européenne est estimé à environ 700 individus, alors que l’autosuffisance nécessite environ 1 200 individus, ce qui équivaut au besoin de 500 naissances supplémentaires. Dans ce contexte, chaque naissance locale réduit la pression sur les importations et renforce la position du Maroc en tant que partenaire actif dans les programmes internationaux de conservation.
« Tout ce que nous avons réalisé ici est 100 % marocain, et nous en sommes très fiers », conclut Mohamed Meghrafawi, en soulignant les compétences vétérinaires et scientifiques nationales à l’origine de cette réussite.
Concours de noms de girafes
Le nom du bébé girafe n’a pas encore été choisi. Dream Village a l’intention de solliciter les suggestions du public via ses pages de médias sociaux, puis d’organiser un vote final sur les noms les plus attrayants. « Elle est marocaine, alors laissons les Marocains lui donner un nom approprié », conclut le responsable.
Cette naissance n’est pas seulement un événement émotionnel ; c’est une déclaration de succès stratégique à long terme qui place le Maroc sur la carte des pays qui contribuent activement au sauvetage et à la protection des espèces menacées.