Les cinémas du Maroc se préparent à accueillir à partir du 14 janvier un nouveau film intitulé « La blessure », le premier long métrage de Salwa El Koni, qui plonge dans le conflit entre le désir de libération personnelle et les contraintes sociales et l’héritage culturel de la société marocaine d’aujourd’hui.
Le film raconte l’histoire de Laila, une jeune femme dans sa deuxième décennie, qui mène une bataille intérieure pour déterminer son destin au milieu des dures pressions familiales et sociales, dans un voyage dramatique qui révèle les cicatrices psychologiques que la société laisse sur les individus, en particulier les femmes, à travers une représentation qui combine réalisme et profondeur émotionnelle.
L’œuvre met en évidence les contradictions entre la quête de Laila pour réaliser ses rêves et se libérer des fardeaux traditionnels, l’adhésion du père à son rôle de gardien des normes familiales et l’héritage des valeurs sociales de la mère, transformant le foyer en une arène de conflits cachés dans laquelle les émotions se croisent avec les devoirs et les perspectives sociales.
La réalisation de Salwa Al-Koni s’appuie sur un style narratif dépouillé et condensé qui se concentre sur les gestes plutôt que sur les déclarations directes, utilisant les expressions faciales, les gestes et le silence pour transmettre les tensions, donnant au film une nature intime qui va au-delà de la superficialité pour aborder des questions sensibles qui sont souvent gérées en secret dans la société.
Le titre « La blessure » n’est pas seulement une référence physique, mais symbolise les implications psychologiques, sociales et morales des restrictions héritées qui peuvent changer le cours d’une vie pour toujours, faisant de l’histoire de Laila un miroir des expériences collectives qui transcendent l’individu et atteignent tout le monde.
Omaima Bareed, dans le rôle de Leila, livre une performance émouvante qui capture avec justesse le conflit interne, Amal Ayouch, dans le rôle de la mère de Fatima, fait preuve d’une sensibilité qui allie attention et respect des normes, et Mansour El-Badri, dans le rôle du père, d’une dimension tragique qui oscille entre sévérité et faiblesse, reflétant ainsi la complexité de la dynamique familiale.
Brice Baxter, Salwa Azzabi, Abdelhak Saleh et Sami Fakkak complètent la distribution, formant une palette variée de personnages qui incarnent les contradictions d’une société en proie à des changements progressifs mais radicaux.
Travis Tibbs, directeur de la photographie récompensé à deux reprises par un Emmy Award, a joué avec les espaces privés et publics, renforçant ainsi le message visuel du film. Le scénario, écrit par l’équipe de Press, Brian Baxter et Taha Bengalem, qui a également coproduit le film, présente une histoire ancrée dans la réalité marocaine avec une résonance humaine universelle.
La blessure a participé à plusieurs festivals internationaux, d’Athènes à Beyrouth et de Malte à Casablanca, où il a été primé avant sa sortie commerciale dans les salles de cinéma marocaines.