Le Festival international du film de Marrakech a dévoilé la sélection de sa 23e édition, qui se tiendra du 20 au 28 novembre, soit un total de 76 films provenant de 39 pays, répartis entre la compétition officielle, les projections de gala, les sections « Horizons » et « Le Continent XI », le Panorama du cinéma marocain, ainsi que les projections destinées au jeune public et aux familles, sans oublier les œuvres présentées dans le cadre des hommages.
Selon un communiqué de l’organisme organisateur, dix de ces films sont présentés en première mondiale, et douze ont bénéficié du soutien des Ateliers de l’Atlas, le programme que le festival consacre à l’industrie cinématographique et au développement des talents, tandis que onze films représentent leur pays dans la course aux Oscars.
Une compétition qui met à l’honneur les nouvelles voix
La compétition officielle comprend quatorze longs métrages, tous des premiers ou deuxièmes films de leurs réalisateurs, en lice pour l’Étoile d’or décernée par un jury présidé par l’actrice Marion Cotillard. Les œuvres en compétition reflètent la diversité des regards que porte la nouvelle génération de cinéastes sur l’actualité mondiale.
Ainsi, dans « Benimana », Marie-Clémentine Dosabigambo aborde la question de la réparation après le génocide des Tutsis au Rwanda, tandis qu’Abdallah Al-Khatib, dans « Chroniques du temps du siège », les détails du quotidien de personnes prises au piège de la guerre. Dans « La Maison du vent », August Bernard Koimo Yango dresse le portrait d’une mère camerounaise qui s’efforce de maintenir le lien avec ses enfants émigrés en Europe, tandis que « Le garçon du Congo » de Raviki Fariala suit le rêve d’un jeune réfugié de la République centrafricaine qui aspire à devenir musicien, tandis que « La colère » de Rami Qadih plonge au cœur de la crise économique libanaise à travers un braquage de banque.
Des réalisatrices du Mexique, de Corée du Sud et d’Haïti mettent en lumière les bouleversements intimes dans la vie de personnages féminins : « Les filles tristes » de Fernanda Tovar met à l’épreuve l’amitié de deux nageuses après qu’elles ont été victimes d’agressions sexuelles, tandis que « Le monde d’avant » de Leon Dan Pi raconte un été délicat marqué par un premier amour, tandis que « Marie Madeleine » de Jessica Genius est une œuvre poétique qui célèbre la liberté.
D’autres films abordent l’adolescence : « L’Éclipse » de Manuel Fitscher observe l’impact des préjugés au sein d’une communauté rurale autrichienne, tandis que « Notre part de sable » de Shalini Adnani met en scène une petite fille qui découvre les injustices cachées derrière le bien-être de sa famille en Inde, et « Une journée dans la vie de Joe : Le chapitre de Fedra » de Jacqueline Lintzo, une histoire de découverte de soi qui dépasse les limites du réalisme.
Trois premières mondiales
La compétition accueille trois films présentés en première mondiale. Le réalisateur marocain Yassine Marco Marouko présente « Al-Qublan », une aventure ambitieuse dont l’action se déroule entre le désert des années 1960 et l’Italie des années 1930. L’Iranien d’origine norvégienne Farzad Samsami présente « Les vagues du silence », un drame moral sur la tragédie du naufrage de migrants, tourné au Maroc avec la participation de l’acteur Amin El Naji. Quant à Rani et Salem Musalaha, ils présentent « À l’ombre du Caire », un thriller intimiste au cœur de la communauté copte égyptienne.
L’ouverture et les projections festives
La édition s’ouvre avec le film « Mona’s Beginning », une comédie de Jesse Eisenberg dans laquelle Julianne Moore incarne une femme au foyer qui a vécu dans l’ombre avant de découvrir une passion dévorante pour le théâtre amateur.
La section « Projections de gala » propose une sélection des films internationaux les plus attendus de cette année, dont deux premières mondiales : « Laila et la nuit » de Filipe Barbosa, inspiré de la vie de la photographe marocaine Laila Alaoui, avec Rachid Zemm et Marina Voce ; et « Le plus faible de ses créatures » d’Omar Hilal, qui réunit Ahmed Helmy et Hend Sabry pour la première fois au grand écran dans une œuvre mêlant comédie noire et suspense.
John Turturro sera présent pour présenter au public « Le dernier pickpocket de New York » de Noah Segan, dans lequel il incarne un pickpocket âgé incapable de s’adapter aux changements de notre époque. Leila El-Marrakchi présente « La fraise des terres », qui représente le Maroc aux Oscars et raconte la résilience des travailleuses saisonnières en Espagne. James Gray présente « Un tigre de papier », un thriller mêlant mélodrame familial, tandis que Luca Guadagnino dévoile « Synthetic », une œuvre à la fois drôle et déroutante qui retrace l’ascension de Sam Altman, l’un des fondateurs d’OpenAI, interprété par Andrew Carfield.
