Les cours du Brent ont franchi la barre des 100 dollars le baril lors des échanges de mercredi 9 septembre 2026, pour la première fois depuis le 24 juillet, dans un contexte d’escalade du conflit au Moyen-Orient et de craintes croissantes concernant une perturbation des approvisionnements en pétrole en provenance de cette région.
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé d’environ 2,01 dollars, soit 2,05 %, pour atteindre 99,93 dollars le baril à 08 h 02 GMT, après avoir frôlé plus tôt le seuil des 100,19 dollars.
Le brut américain West Texas Intermediate (WTI) a également progressé de 1,49 dollar, soit 1,60 %, pour s’établir à 94,52 dollars le baril.
Le Brent a enregistré une hausse d’environ 25 % depuis le début du mois d’août, alors que s’amenuisent les espoirs de parvenir à un règlement durable du conflit qui oppose depuis six mois les États-Unis et l’Iran.
Depuis le début de la guerre, le 28 février, les cours du pétrole ont connu de fortes fluctuations, le Brent ayant atteint 126,41 dollars le baril le 30 avril, son plus haut niveau depuis le début du conflit.
De nouvelles attaques renforcent les craintes concernant l’approvisionnement en pétrole
Les inquiétudes se sont accrues sur les marchés cette semaine après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont lancé des attaques contre des installations énergétiques en Arabie saoudite, provoquant l’embrasement de certaines installations pétrolières et faisant craindre une extension des affrontements dans la région.
Les risques ne se limitent pas aux installations pétrolières : les derniers événements menacent également le transport maritime de brut via la mer Rouge, qui est devenue une voie alternative importante en raison de la forte baisse du trafic pétrolier dans le détroit d’Ormuz depuis le début de la guerre.
Le détroit d’Ormuz est l’un des principaux couloirs maritimes mondiaux pour le transport de l’énergie. Avant le début des affrontements fin février, environ 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole transitaient par ce détroit.
Selon les données publiées par Rystad Energy, les flux de pétrole transitant par le détroit d’Ormuz oscillaient entre huit et neuf millions de barils par jour au cours de la semaine précédant la reprise des combats le 30 août, mais ils sont récemment tombés à moins de deux millions de barils par jour.
Les banques mondiales revoient à la hausse leurs prévisions sur les prix du brut
Les risques croissants pesant sur l’approvisionnement ont poussé plusieurs grandes banques et institutions financières à revoir à la hausse leurs prévisions concernant les prix du pétrole pour la période à venir.
Parmi les institutions qui ont récemment revu leurs estimations à la hausse figurent Goldman Sachs, Bank of America et HSBC, dans la perspective que les répercussions du conflit et les perturbations du trafic maritime se prolongent plus longtemps que prévu.
Selon les analystes, le marché a commencé à intégrer la possibilité d’une prolongation du conflit, ainsi que le risque que les attaques s’étendent et affectent davantage les flux pétroliers en provenance du Moyen-Orient.
Les transferts de pétrole entre navires dans le golfe d’Oman restent l’un des éléments clés qui ont jusqu’à présent permis de maintenir l’acheminement d’une partie des approvisionnements vers les marchés mondiaux et de limiter une hausse plus marquée des prix.
Les approvisionnements mondiaux font face à des pressions croissantes
Alors que des pays producteurs de pétrole non membres de l’OPEP, tels que les États-Unis, le Canada et la Guyane, ont augmenté leurs niveaux de production, des inquiétudes persistent quant à la capacité de ces hausses à compenser le déficit résultant des troubles au Moyen-Orient.
L’Agence internationale de l’énergie avait prévu le mois dernier une baisse des approvisionnements mondiaux en pétrole d’environ 4,3 millions de barils par jour en 2026, soit près de 4 % de l’offre mondiale totale.
Le fait que le Brent ait franchi la barre des 100 dollars renforce les craintes liées à l’inflation mondiale, car la hausse continue des prix de l’énergie pourrait entraîner une augmentation des coûts de transport, de production et de carburant, ce qui pourrait à son tour influencer les décisions des banques centrales et la politique monétaire au cours des prochains mois.
