Les véhicules de mobilité personnelle motorisés, connus sous le nom de « trottinettes électriques », occupent une place de plus en plus importante dans le paysage routier des villes marocaines. En effet, ces dernières années, ils sont passés d’un moyen de transport à usage restreint à une option sur laquelle compte un nombre croissant de citoyens pour éviter les embouteillages et se déplacer sur de courtes distances.
Cependant, cette expansion rapide a remis au premier plan les questions liées à la sécurité routière, notamment en raison de pratiques telles que le non-port du casque, la circulation à contresens et le non-respect des feux de signalisation, en attendant que les nouvelles dispositions légales régissant ces moyens de transport entrent pleinement en vigueur.
Le Conseil des ministres avait approuvé, le 9 juillet dernier, le projet de décret n° 2.25.145, modifiant et complétant le décret n° 2.10.420 relatif à l'application du code de la route, qui comprend des dispositions spécifiques aux véhicules de mobilité personnelle motorisés.
Parmi ses principales dispositions, le projet prévoit le port obligatoire du casque de protection, l’interdiction d’utiliser des écouteurs au volant, ainsi que la limitation de la vitesse maximale de ces véhicules à 25 kilomètres à l’heure.
Mustapha El Hajji, président de la Fédération marocaine des associations de sécurité routière, a déclaré que les « trottinettes électriques » s’étaient clairement imposées dans les rues marocaines, soulignant qu’un certain nombre d’infractions liées à leur utilisation avaient été constatées.
Il a ajouté que la généralisation croissante de ces engins suscite de réelles inquiétudes en matière de sécurité routière, surtout si elle ne s’accompagne pas d’une application stricte des règles en vigueur, et a averti que toute complaisance à l’avenir pourrait entraîner une augmentation des accidents de la route qui y sont liés.
El Hajji a comparé la situation actuelle des « trottinettes électriques » à celle des motos, qui font elles aussi l’objet d’excès liés à la vitesse et à des modifications techniques, malgré l’existence de dispositions légales définissant leurs conditions d’utilisation.
De son côté, Imad Al-Asri, président de l’Union nationale des associations de sécurité routière, a souligné que ces véhicules sont devenus un moyen de transport sur lequel compte une partie importante de la population, ce qui impose une adaptation juridique et réglementaire à cette évolution.
M. Al-Asri a souligné que la propagation rapide des trottinettes électriques pourrait avoir des répercussions négatives sur les indicateurs de sécurité routière si les nouvelles législations n’étaient pas mises en œuvre comme il se doit.
Il a appelé à combiner un renforcement des contrôles sur le terrain et une intensification des campagnes de sensibilisation, en mettant l’accent sur le port du casque, le respect des limitations de vitesse et l’interdiction d’utiliser des écouteurs au volant.
Les acteurs du domaine de la sécurité routière estiment que la mise en œuvre effective des nouvelles dispositions, une fois leurs procédures réglementaires finalisées, contribuera à encadrer l’utilisation de ces moyens de transport dans l’espace public et à réduire les risques qui y sont associés.
