Le gouvernement espagnol est entré dans une nouvelle phase de gestion de la crise migratoire à Ceuta, après la stabilisation de la situation à la frontière avec le Maroc. La priorité est désormais de fournir des lieux d’hébergement aux personnes qui se trouvent encore dans la ville, selon le journal « La Vanguardia».
La ministre espagnole de l’Intégration, de la Sécurité sociale et de l’Immigration, Elma Sais, a annoncé la création de quatre sites d’hébergement provisoires, d’une capacité totale d’environ 1 500 personnes.
L’armée espagnole a déjà commencé à équiper ces sites de tentes, de lits, d’installations sanitaires et d’équipements d’hygiène, afin de répondre à la forte pression exercée sur les structures d’accueil existantes.
L’un de ces centres devrait accueillir plus d’un millier de personnes, la priorité étant donnée aux personnes nécessitant des soins médicaux ou en attente d’une décision concernant leur demande de protection internationale.
Ces mesures interviennent alors qu’un certain nombre de migrants vivent encore à la rue, notamment aux abords de la plage de Trompelin, tandis que le centre d’hébergement temporaire pour migrants « CETI » est en situation de surpeuplement.
Le gouvernement espagnol a affirmé qu’il n’adopterait pas une approche uniforme à l’égard de tous les arrivants à Ceuta, soulignant la nécessité d’examiner chaque cas conformément à la législation en vigueur.
Mme Sais a déclaré que les autorités agiraient dans le respect du cadre juridique, et non selon une logique du « tout ou rien », faisant référence à la diversité des situations des personnes présentes dans la ville en matière de protection internationale, de statut juridique et de besoins humanitaires.
Madrid a également alloué 6,5 millions d’euros supplémentaires à l’aide humanitaire, alors que la polémique politique sur la manière de gérer la crise se poursuit.
Le gouvernement central a par ailleurs souligné l’importance de la coordination avec les autorités locales de Ceuta, estimant que la coopération entre les différentes institutions constitue un facteur essentiel pour accélérer le retour à la normale.
Après la sécurisation des frontières et le renforcement des contrôles ces derniers jours, il semble que le principal défi auquel sont désormais confrontées les autorités espagnoles ne soit plus de limiter les flux de passage, mais d’organiser l’hébergement et de traiter les dossiers juridiques et humanitaires des personnes qui se trouvent encore à Ceuta.
