Le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien a annoncé ce vendredi avoir pris pour cible le centre de commandement américain des opérations spéciales situé dans la région de Al-Tanf, en Syrie, en représailles à la mort de soldats iraniens dans la ville d’Iranchahr, selon les médias officiels iraniens.
L’agence « Reuters » n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante la véracité de ces informations, et aucun commentaire officiel n’a encore été émis par le gouvernement syrien ou l’armée américaine concernant l’attaque annoncée.
La base de Al-Tanf est située près du triangle frontalier entre la Syrie, la Jordanie et l’Irak ; elle a constitué pendant des années un site militaire important pour les forces américaines dans la région.
Cependant, l’armée américaine avait annoncé en février dernier avoir achevé son retrait de cette base, ce qui soulève des questions quant à la nature du site que Téhéran affirme avoir pris pour cible, ainsi qu’à l’ampleur de la présence militaire américaine sur place au moment de l’attaque.
Damas s’efforce d’éviter toute escalade
La Syrie s’efforce d’éviter d’être entraînée dans une guerre régionale dont le champ d’action s’est récemment élargi pour englober plusieurs pays du Moyen-Orient.
Au Liban, le Hezbollah est engagé dans des affrontements avec les forces israéliennes, tandis que l’Irak a été la cible d’attaques à la roquette et de frappes de drones menées par des groupes armés soutenus par l’Iran contre des cibles liées aux États-Unis.
Le président syrien Ahmed Al-Sharaa avait affirmé, lors d’un événement organisé par le centre « Chatham House » à Londres en mars dernier, que son pays resterait en dehors de tout conflit régional, à moins d’être directement attaqué.
Cette position reflète la volonté de Damas d’éviter que le territoire syrien ne devienne un nouveau théâtre de confrontation, notamment compte tenu de la fragilité de la situation sécuritaire et économique dans le pays.
Menace de fermeture du détroit d’Ormuz
Dans le même ordre d’idées, le Corps des Gardiens de la Révolution a affirmé, selon les médias officiels, que l’Iran continuait d’exercer un contrôle total sur le détroit d’Ormuz.
Il a averti que la poursuite des attaques américaines entraînerait l’interruption des exportations de pétrole et de gaz via ce passage maritime stratégique.
Une grande partie des exportations mondiales d’énergie transite par le détroit d’Ormuz ; par conséquent, toute perturbation de la circulation maritime dans ce détroit pourrait se répercuter rapidement sur les prix du pétrole et du gaz ainsi que sur les marchés internationaux.
Ces menaces interviennent dans un contexte d’escalade des tensions entre Washington et Téhéran, et alors que l’on craint de plus en plus que le conflit ne s’étende aux voies commerciales, aux ressources énergétiques et aux installations militaires de la région.
