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Vendredi 27 février, le Premier ministre pakistanais Shahbaz Sharif a porté l’escalade à son plus haut niveau en déclarant que les forces de son pays avaient la capacité d' »écraser toute agression », dans une référence directe aux autorités talibanes afghanes, à la suite des frappes aériennes pakistanaises visant la capitale Kaboul, Kandahar et d’autres régions.
Sharif a écrit sur la plateforme X : « Nos forces sont tout à fait capables d’écraser toute ambition agressive », ajoutant que « la nation entière est aux côtés des forces armées pakistanaises ».
Dans un message séparé sur la même plateforme, le ministre de la défense, Khawaja Asif, a déclaré : « Notre patience est à bout. C’est maintenant une guerre ouverte entre vous et nous ».
Ces remarques interviennent quelques heures après que l’armée de l’air pakistanaise a lancé une série de raids sur la capitale Kaboul, Kandahar et la province de Paktia, en réponse aux attaques transfrontalières afghanes menées par les talibans jeudi, selon Islamabad.
Comptes-rendus contradictoires des pertes
Le ministère de la défense à Kaboul a annoncé avoir tué 55 soldats pakistanais au cours des affrontements, en avoir capturé plusieurs autres et avoir transféré les corps de certains d’entre eux sur le territoire afghan, tandis qu’il a confirmé huit morts et 11 blessés parmi ses forces.
Le ministre pakistanais de l’information, Attaullah Tarar, a nié toute capture de soldats pakistanais et a annoncé que 133 combattants talibans avaient été tués et plus de 200 blessés, ajoutant que les frappes visaient des « positions de défense talibanes » à Kaboul, Kandahar et Paktia.
Accélération de la détérioration après des mois de trêve fragile
Les relations entre Islamabad et Kaboul se sont rapidement détériorées ces derniers mois, les postes frontières étant fermés depuis les affrontements d’octobre qui ont fait plus de 70 morts de part et d’autre. La médiation qatarie et turque avait permis de parvenir à un fragile cessez-le-feu, mais l’escalade actuelle montre que la trêve n’a été qu’un bref répit.
Craintes croissantes d’une guerre ouverte
L’escalade actuelle fait craindre que le différend frontalier ne se transforme en une guerre totale entre le Pakistan et les talibans, compte tenu notamment des tensions internes dans les deux pays et des répercussions potentielles sur la stabilité de l’ensemble de la région de l’Asie du Sud.